Cameroun – Législatives et Municipales 2013: Les opérations électorales ont coûté 12 milliards – 13/05/2014

L’organisme en charge de l’organisation, de la gestion et de la supervision de l’ensemble du processus électoral et référendaire au Cameroun qui fait cette révélation, souligne, par ailleurs dans son rapport sur le double scrutin du 30 septembre 2013 que l’ensemble des lois régissant les élections doivent être revues.

Le président camerounais sortant Paul Biya vote le 9 octobre 2011 à Yaoundé - AFP/Archives
Le président camerounais sortant Paul Biya vote le 9 octobre 2011 à Yaoundé – AFP/Archives

Le rapport dévoile qu’au total, la somme de 12 milliards de francs a été mobilisée par le ministère des finances pour supporter l’organisation de cette élection couplée. De l’argent consacré à l’acquisition du matériel électoral et à la gestion du scrutin lui-même. Elecam indique que l’acquisition du matériel électoral à coûté 2,560 milliards, le fonctionnement des commissions mixtes électorales 2,5 milliards, l’impression des documents électoraux 1,620 milliards, le soutien logistique aux démembrements territoriaux et aux services centraux 740 millions, le transport du matériel électoral 490 millions et la formation des membres des commissions locales de vote 350 millions. Ces chiffres suggèrent que les chiffres du marché de l’acquisition des kits biométriques et les opérations de refonte du fichier électoral adossée sur la biométrie ne sont pas prises en compte dans ledit rapport. Car, Giesecke und Devrient, l’entreprise adjudicataire de ce marché avait perçu, elle seule, environ 7 milliards pour l’opération. Si on doit greffer à cela les dépenses liées aux questions de sécurité et le maintien de l’ordre, les dotations accordées au Conseil constitutionnel, aux médias, à la Préfectorale, il faut aller chercher très bien au-delà des 12 milliards dépensés par l’Etat, exclusivement pour les opérations de vote, l’enveloppe globale des élections 2013 dont le montant reste encore une nébuleuse, même pour les acteurs électoraux de premiers plans.

Pour ce qui est du déroulement proprement dit du scrutin, Elecam ignore les irrégularités observées ici et là sur l’ensemble du territoire national. Maurice Kamto le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a par exemple dénoncé l’utilisation de l’ancre délébile dans certains bureaux de vote à Yaoundé. L’institution des bureaux de vote chez des militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti en compétition à été décriée à Monatélé dans le département de la Lékié. Mais Elecam ne fait pas mention de toutes ces irrégularités. « Les opérations de vote se sont déroulées dans le calme, l’enthousiasme et la paix sur l’ensemble du territoire national. En témoigne le fort taux de participation enregistré, soit 76,79% », lit-on dans ce rapport.

Code électoral

Par ailleurs, le rapport général d’Elections Cameroon (Elecam) sur le déroulement du double scrutin législatif et municipal du 30 septembre 2013 est péremptoire sur le cadre législatif de l’organisation de ces deux scrutins. Il souligne qu’il est urgent de revoir un certain nombre de textes règlementaires régissant les élections aux Cameroun. Officiellement présenté aux hommes de médias la semaine dernière, ce document de plus de 300 pages en français et en anglais relève dans ses recommandations, que les délais de huit mois accordés à Elecam pour réaliser les études techniques et lancer les opérations de refonte des listes électorales adossées sur la biométrie sont très courts. Elecam souligne que les pays ayant précédé le Cameroun dans le domaine ont disposé de 18 mois pour la seule réalisation des études techniques. Mais. Si l’on s’en tient à l’esprit de ce rapport, le pays de Paul Biya, a dû improviser dans la mise en oeuvre de la biométrie dans le système électoral. D’où les manquements observés ici et là lors du déroulement du scrutin.

L’article 74 de la loi portant code électoral n’a pas également rendu la tâche facile à l’organisme chargé de l’organisation des élections au Cameroun. Cette disposition de la loi électorale stipule en son alinéa 2 que la révision annuelle des listes électorales commence le 1er janvier et s’achève le 31 août de chaque année. Une disposition qu’Elecam juge inadaptée. « Le cadre juridique inadapté ayant prévu le même délai de huit mois, soit du 1er janvier au 31 août de chaque année, pour la réalisation de la refonte ou de la révision des listes électorales sans avoir tenu compte des exigences de mise en place de la technologie biométrique. La période légale de publication des listes électorales provisoire ou définitives était incompatible avec l’avènement de la biométrie et la tenue des scrutins », peut-on lire dans ce rapport qui regrette aussi la formation approximative des personnels d’Elecam à la maintenance des kits d’inscription en raison de leur arrivée au compte gouttes.

Source : © Le Messager

Par Joseph Flavien KANKEU

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