Cameroun : Le social et la mal-gouvernance se payent la Une des journaux

Le social et la mal-gouvernance se payent la Une des journaux camerounais | DR/Illustration
Le social et la mal-gouvernance se payent la Une des journaux camerounais | DR/Illustration

Les sujets à caractère social liés à l’insécurité, à l’éducation ou encore aux fêtes de fin d’année figuraient en vedette dans les journaux camerounais parus lundi.

Chez Mutations, c’est l’interdiction du port du voile et des prières collectives à la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I, située dans la capitale du pays, qui tient le haut de l’affiche.

Cette mesure, explique le quotidien à capitaux privés, vise à prévenir les attentats-suicides dans un climat de psychose généralisée contre la secte islamiste Boko Haram.

Se sentant stigmatisés, les étudiants d’obédience musulmane viennent d’élever une vive protestation écrite vis-à-vis de leur direction alors que, informe L’œil du Sahel, 14 personnes viennent d’être enlevées dans la localité de Kerawa (Extrême-Nord) par les terroristes.

«Lutte contre Boko Haram : les réalités de la justice populaire», titre Cameroon Tribune qui, dans un grand reportage, a sillonné les zones septentrionales sous la menace du mouvement jihadiste où «la vie reprend son cours normal» grâce au concours des populations, qui appuient ainsi efficacement les efforts des forces de défense et de la Force multinationale mixte de l’Union africaine.

La même publication à capitaux publics revient sur la grève, qualifiée de «sauvage» parce que non déclarée, et qui vient de secouer pendant un mois les écoles primaires catholiques de l’archidiocèse de Douala, la métropole économique où les enseignants revendiquaient l’amélioration de leurs conditions de travail.

Leur hiérarchie, apprend-on, a annoncé des mesures correctives dans les prochains jours : la mise à disposition d’un médecin pour des consultations gratuites et les premiers soins, le paiement de la prime d’ancienneté au niveau de l’enseignement de base dès la nouvelle année budgétaire 2016 à raison de 2% tous les 4 ans.

Il y a plus, renchérit Mutations puisque le salaire des 674 protestataires va être revalorisé à hauteur de 6% dès 2016 en dépit d’un déficit attendu de 13% des effectifs en terme d’élèves, soit quelque 2700 apprenants qui iront se trouver d’autres cadres d’apprentissage.

Mais ce retour à la normal ne saurait faire oublier le contexte de fêtes de fin d’année dans le pays où, selon l’hebdomadaire Intégration, le marché noir fait ses emplettes : grossistes et détaillants trichent allègrement sur les prix des produits de première nécessité et des cadeaux ; un ministère du Commerce complètement dépassé par le renchérissement et l’inflation galopante et, en arrière-plan, les églises pentecôtistes en embuscade, surfant sur la misère rampante pour recruter de nouvelles ouailles.

Chez La Météo, c’est l’ex-ministre des Postes et Télécommunications, Jean Pierre Biyiti bi Essam, limogé le 2 octobre dernier, qui est annoncé comme un prisonnier en sursis et sous le coup d’une enquête judiciaire : pour des pots-de-vin, il n’a exigé des opérateurs de téléphonie mobile Orange et MTN que 75 milliards FCFA chacun pour le renouvellement de leurs concessions pour un coût réel de l’ordre de 5188 milliards FCFA.

«Jean Pierre Biyiti bi Essam, non seulement a, sans raison apparente, rallongé la durée de validité initiale de 10 à 15 ans, mais, suprême braderie du patrimoine public, il a autorisé, sans contrepartie financière supplémentaire et au mépris de la loi en vigueur, Orange et MTN à exploiter la 3G et la 4G.»

© CAMERPOST avec © APA

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