Cameroun : Le HCR veut contrôler les réfugiés

Khassim Diagne, représentant du Hcr au Cameroun | DR
Khassim Diagne, représentant du Hcr au Cameroun | DR

Une opération de vérification et d’enrôlement biométrique a débuté hier (mercredi, ndlr) par Yaoundé et se poursuivra sur l’étendue du territoire national.

Assurer une meilleure protection et assistance aux réfugiés concernés par la mise à jour des données des personnes vérifiées, avoir des données claires sur les personnes vulnérables et faciliter ainsi la prise en charge et l’assistance à ces personnes à besoins spécifiques. Tels sont là quelques objectifs visés par le Haut-commissariat des réfugiés (Hcr) et le gouvernement du Cameroun, dans l’opération de vérification et d’enrôlement biométrique des réfugiés et demandeurs d’asile vivant au Cameroun. Selon Khassim Diagne, représentant du Hcr au Cameroun, l’opération d’enregistrement des données biométriques sera couplée à un programme de vérification physique des réfugiés et demandeurs d’asile installés au Cameroun. « Cette opération de vérification nécessitera le déplacement individuel de chaque réfugié vers les sites identifiés par le Hcr et permettra une mise à jour de la cartographie des réfugiés par critères de vulnérabilité, zones d’habitation, niveau de scolarisation et activités socioprofessionnelles », explique-t-il.

Ainsi venus en famille ou individuellement, c’est en file indienne que les réfugiés et demandeurs d’asile s’enregistrent, mettent à jour et complètent leurs données afin d’obtenir de manière biométrique, la « carte d’identification de réfugié ». Vérification, interview, prise des empreintes digitales et des données de l’iris, et le contrôle de qualité, pour Paul Bakoyogo, réfugié sud-soudanais arrivé au Cameroun depuis 2012, l’opération est une aubaine puisque cela permet d’être à jour au regard des multiples confusions enregistrées par le passé. Des confusions établies au regard des cas d’abus notés par le Hcr au Cameroun. D’après Khassim Diagne, ces situations étaient dues au fait que l’opération du Hcr Cameroun n’était jusqu’à ce jour pas dotée de systèmes d’enregistrement et de lecture par machine des données biométriques des réfugiés enregistrés. « Des cas d’abus pour le bénéfice des assistances et des fraudes documentaires étaient dès lors perpétrés par des individus indélicats, qui n’avaient point besoin de protection internationale », souligne le représentant du Hcr au Cameroun.

Suivant le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minadt), les données fiables et actualisées qui seront disponibles à l’issue de l’enregistrement serviront entre autres à une meilleure programmation des interventions clés, des actions selon les besoins, afin de mieux cibler les catégories. L’occasion pour Mamadou Moussa, l’un des réfugiés présents, de présenter ses misères à l’institution onusienne. Ne parlant que l’arabe, ce dernier explique ses difficultés à trouver du travail et propose à l’institution d’installer un programme d’insertion à travers un apprentissage de la langue nationale.

L’opération ainsi lancée, se déroulera dans toutes les régions abritant les réfugiés. Les équipes du Hcr se rendront successivement dans les régions du Centre, du Littoral, l’Adamaoua, le Sud-Ouest, l’Est, le Nord et s’achèvera dans la région de l’Extrême-Nord en septembre 2016.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Patricia Nya Njaounga (Stg)