Cameroun : Le difficile quotidien des enfants réfugiés nigérians – 07/01/2015

Des réfugiés nigérians ont trouvé refuge sur une terrasse couverte d'un stade dans la ville camerounaise de Mora, qui est située à près de 20 kilomètres de la frontière avec le Nigéria. Ils seront transportés au cam de Minawao. © HCR/D.Mbairem
Des réfugiés nigérians ont trouvé refuge sur une terrasse couverte d’un stade dans la ville camerounaise de Mora, qui est située à près de 20 kilomètres de la frontière avec le Nigéria. Ils seront transportés au cam de Minawao. © HCR/D.Mbairem

Les victimes des exactions et anciens combattants repentis ou non de Boko Haram, ont un dénominateur commun : la précarité et les lendemains incertains

Le camp de Minawao, situé à une quinzaine de kilomètres de Mokolo dans le département du Mayo-Tsanaga est devenu pour ainsi dire une localité nigériane située en plein cœur de la région de l’Extrême-Nord. Fuyant les exactions de la secte Boko Haram, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes ont été regroupés dans cet univers sous la protection des autorités camerounaises avec l’assistance du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et des autres agences onusiennes. A pied, à dos d’âne ou en deux roues, ces victimes de l’organisation jihadiste nigériane sont aujourd’hui évaluées à près de 30 000 personnes. Si la plupart sont exposés aux intempéries et à la précarité, la situation des enfants réfugiés est plus déplorable.

Il est difficile d’évaluer le nombre des enfants victimes des exactions de la secte Boko Haram d’autant que tous ne sont pas au camp de Minawao. De nombreux enfants sont disséminés dans la population dans de nombreuses localités du Mayo-Tsanaga, du Diamaré, du Logone et Chari et du Mayo-Sava. Certains bénéficient de la solidarité et de la générosité de certaines familles, d’autres sont abandonnés à leurs tristes sorts. Selon les responsables locaux de la Croix Rouge, parmi eux, il y a des enfants dont les parents sont portés disparus. La Croix rouge à travers son réseau d’informations s’affaire à retrouver les traces de leurs parents réfugiés au Nigeria ou dans les pays voisins comme le Niger et le Tchad. Les principales menaces auxquelles ils sont confrontés sont le paludisme, le choléra et les infections respiratoires.

Mais il faut faire un distinguo entre ces enfants et les autres victimes de la secte Boko Haram. Beaucoup de jeunes enfants ont été enrôlés de force ou par naïveté par ces insurgés islamistes. Au Cameroun, de nombreux jeunes originaires des départements du Mayo-Sava, du Logone et Chari et du Mayo-Tsanaga ont été signalés dans les rangs des jihadistes nigérians. Si certains y sont allés par l’appât du gain, d’autres ont été recrutés de force. Ceux qui refusent l’enrôlement ou qui résistent sont tout simplement passés par la potence. A cause de nombreuses pertes que l’armée camerounaise inflige depuis quelques mois à la nébuleuse, de nombreux jeunes combattants ont déserté les rangs pour se retrouver dans de nombreuses localités. Si les repentis ont reçu un traitement particulier et ont été orientés vers des services sociaux, ceux qui vivent embusqués dans la population sont confiés, lorsqu’ils sont débusqués aux forces de maintien de l’ordre pour exploitation.

Au camp de Minawao, le gouvernement camerounais a mis en place des commodités pour assurer l’encadrement des enfants réfugiés. En plus d’un centre de santé, des forages et des toilettes, une école primaire bilingue et un CES bilingue y sont créés. La sécurité est assurée par une patrouille mixte : militaires-gendarmes. Des fouilles régulières sont opérées au sein du camp pour séparer le bon grain de l’ivraie. Des anciens combattants de la secte ont été dénoncés et interpellés par les forces de l’ordre. Aujourd’hui, le Cameroun fait face à l’afflux massif continuel des réfugiés. Du fait de l’étirement des lignes de front vers la région du Nord Cameroun et l’Etat de l’Adamawa au Nigeria, la situation humanitaire devient préoccupante.

Source : © Cameroon Tribune

Par Grégoire DJARMAILA

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