Cameroun : le bilan des attaques de Boko Haram dans l’extrême-nord entre Septembre et décembre 2014 – 02/02/2015

Crédit Boko Haram/AFP
Crédit Boko Haram/AFP

Après plusieurs mois de guerre larvée, la guerre bat désormais son plein entre l’armée camerounaise et Boko Haram. Et aux attaques barbares des combattants islamistes sur le territoire national, attaques qui sèment particulièrement la désolation parmi les populations civiles, les soldats camerounais répondent désormais de la plus vigoureuse des manières. Bilan des courses, plusieurs centaines d’éléments de Boko Haram ont perdu la vie au cours des affrontements. Votre journal fait le bilan des trois derniers mois de la guerre asymétrique qui a endeuillé plusieurs familles et mis sur le chemin de l’exode, plusieurs milliers de personnes.

Septembre 2014

Dans l’après-midi du 1er septembre 2014, des membres de la secte Boko Haram pilonnent les positions de l’armée camerounaise au niveau du pont El Beid qui relie la ville de Fotokol à celle nigériane de Gambaru. Le caporal Bamabo Good Luck est blessé au bras. Les assaillants qui tentent par la suite une incursion à Fotokol sont repoussés par l’armée camerounaise. Au finish, une quarantaine d’entre eux sont tués Dans la nuit du 05 au 06 septembre 2014, des adeptes de Boko Haram s’introduisent au domicile du nommé Ensat Zouwa, cultivateur âgé de 45 ans, domicilié à Hodogo, une localité située à 13 km de Mozogo. Celui-ci est grièvement blessé.

Le 08 septembre 2014, huit personnes sont enlevées dans le village Ldaoutsaf, une localité de l’arrondissement de Mayo-Moskota. Les otages recouvrent la liberté le lendemain.  Le 10 septembre 2014, les membres de la secte Boko Haram tirent deux roquettes sur la ville d’Amchidé sans toutefois faire de victimes. Le 18 septembre 2014, aux environs de 18h, des membres de la secte Boko Haram à bord d’une cinquantaine de motos et véhicules lourdement armés font une incursion à Achighachia pour s’en prendre au poste de commandement du  BIM et BTAP installé dans cette localité. L’adjudant-chef Ekodo Pierre est blessé au cours des affrontements.

Deux assaillants sont également tués. Les assaillants, dans leur fuite, abandonnent 02 fusils AK47, ainsi que 06 chargeurs garnis. Toujours dans la même nuit, des membres de Boko Haram font irruption dans le village Gancé, localité de l’arrondissement de Kolofata et située à 08 km de Kourgui. Ils y assassinent le nommé Oumarou à qui il était reproché une collaboration avec les forces de défense et de sécurité. Quelques jours plus tard, la localité de Vreket est l’objet d’une attaque de Boko Haram, précisément dans la nuit du 20 au 21 septembre 2014. Ici, les islamistes ont incendié l’aire de la prière des chrétiens ainsi que deux habitations avant de tirer sur le nommé Marcus, lequel a rendu l’âme au cours de son évacuation vers le centre de santé de Moskota.

Le 21 septembre 2014, aux environs de 15h, les adeptes de Boko Haram à bord de plusieurs motos et lourdement armés font une incursion dans l’arrondissement de Mokolo, notamment dans les localités de Tourou et Ldobam. Sur place, les assaillants ont ouvert le feu sur les populations, tuant 24 personnes à Tourou et 17 autres à Ldobam. Le maréchal de logis Lidjeck René en service au poste de gendarmerie de Tourou et l’enseignant Baldina Timothée figurent parmi les morts. Les éléments du BIR et du BIM descendus sur les lieux repoussent les assaillants qui abandonnent dans leur fuite deux motos sur lesquelles étaient montés 01 mortier et 05 obus model 777.

Dans la journée du 22 septembre 2014, les membres de la secte Boko Haram refont surface dans la localité d’Amchidé où ils sont repoussés par l’armée camerounaise. Au cours de l’affrontement, plusieurs dizaines d’assaillants ont été tués et 15 autres capturés ainsi que 02 VA. Des armes sont également été récupérées. Le 23 septembre 2014, les éléments du commissariat central de Kousseri, des ESIR et ceux du commissariat de sécurité publique du 2eme arrondissement découvrent et saisissent un important stock d’armes et munitions au domicile de Abakar Ali alias Moustapha Oumar, chef de la cellule de Boko Haram à Kousseri.

Le matériel saisi se compose de :

  • 01 mitrailleuse chinoise 1,80 ;
  • 04 mitrailleuses 12,7 ;
  • 14 fusées éclairantes ;
  • 24 roquettes ; 04 lances roquettes ;
  • 06 AK47 ;
  • 60 chargeurs vides AK47 ;
  • 04 PA ; 62 munitions 9mm ;
  • 469 munitions 12,7 ;
  • 4457 munitions 7,62 ;
  • 1491 munitions 5,56 ;
  • 203 munitions 7,62 dans 8 maillons ;
  • 619 munitions 7,62 libre ;
  • 06 grenades à fusil ;
  • 28 chargeurs de lance-roquette ;
  • 01 valise de coran et des documents de prêche ;
  • 01 protège- pied.

Ishaka Ngaré et Mahamat Shérif sont également interpellés au cours de cette opération. Le 27 septembre 2014, les combattants de la secte Boko Haram s’introduisent dans le village Sagmé, à une vingtaine de kilomètres de Fotokol. A Damboré, ils assassinent l’un des quatre chefs du village, Blama Moussa. Ils tuent également au passage le nommé Walkoré avant d’incendier plusieurs concessions. Le 28 septembre 2014, les membres de la secte Boko Haram, au cours d’une incursion dans la localité de Achighachia, égorgent le nommé Wawé Devile Houna. Dans la nuit du 29 au 30 septembre 2014, des éléments de Boko Haram font irruption dans le village Gouloudjaoné, localité du canton de Limani, arrondissement de Mora, et emportent 01 troupeau de boeufs après avoir grièvement blessé le berger nommé Emeli. Dans le village Ngoudoumboul, localité de l’arrondissement de Kolofata, des membres de Boko Haram emportent dans la nuit du 30 septembre 2014, environ 200 têtes de boeufs. Le berger Beleri Rimedou est blessé aux deux jambes au cours de cette opération.

Octobre 2014

Le 04 octobre 2014 au petit matin, 28 corps de combattants de Boko Haram sont dénombrés à  oubougué, à 3 km de Fotokol. Ils sont morts dans de violents combats qui se sont déroulés la veille avec l’armée camerounaise.  Huit morts dont cinq camerounais et trois nigérians sont dénombrés à Amchidé le 6 octobre 2014 à la suite de l’explosion d’un obus tiré depuis Banki au Nigeria par la secte Boko Haram. Quatre obus tirés depuis la ville nigériane de Gambaru s’abattent sur Fotokol. Le 13 octobre 2014, aux environs de 16h, un accrochage survient entre les éléments du 42eme BIM détachés à Zelevet, localité de l’arrondissement de Mayo Moskota, et des combattants de Boko Haram. 25 assaillants sont tués. Le 14 octobre 2014 aux environs de 18h, des membres de Boko Haram font irruption au domicile d’Ibrahim à Talakachi, localité située à 10 km de Mozogo. Sur place, ils tirent froidement sur les nommés Hassan Ibrahim- qui meurt sur le champ- et Oumaté Ibrahim qui, transporté à l’hôpital de district de Mogodé, survivra à ses blessures.

Le même jour, des combattants de Boko Haram tentent une infiltration dans la ville de Fotokol en tirant 04 obus qui tombent dans le quartier Makambara où deux refugiés, Garba Lassane et Toudjani Moustapha, sont blessés. Un assaillant est tué. Dans la soirée du 15 octobre 2014, une violente attaque lancée par Boko Haram sur Amchidé fait 8 morts dans les rangs du Bataillon d’intervention rapide (BIR) et des dizaines de morts chez les assaillants. Un char blindé et un pick-up appartenant aux assaillants sont détruits. 8 véhicules sont aussi abandonnés par la secte. De nombreuses maisons d’habitation sont incendiées par les membres de la secte qui détruisent totalement le commissariat spécial, le poste de gendarmerie et l’école publique groupe I de la localité.

Un peu plus tôt dans la journée, le nommé Adama Bouche avait été tué par les membres de Boko Haram à son domicile à Tolkomari, localité de l’arrondissement de Kolofata. Dans l’après-midi du 16 octobre 2014, Boko Haram tire un obus sur Fotokol. L’explosif est tombé entre la mairie et la sous-préfecture sans toutefois faire de dégât. Une autre roquette lancée par la secte le même jour fait 06 blessés civils au quartier Makambara. Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2014, Boko Haram tente une incursion dans la ville de Fotokol. Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, des membres de Boko Haram font irruption dans le village Koubougé, une localité de l’arrondissement de Fotokol, où ils tuent cinq personnes et blessent un autre. La même nuit, sept jeunes filles sont enlevées aux domiciles de leurs parents par des éléments de Boko Haram.

Ils ont aussi emporté plusieurs sacs de céréales et autres engrais. A la suite de cet enlèvement, le chef traditionnel, Mamoudou Ndouvna, est interpellé par les forces de l’ordre pour complicité et intelligence avec la secte. Dans la nuit du 28 au 29 octobre 2014, dans le village Magdemé, une localité de l’arrondissement de Mora, des membres de Boko Haram tirent sur l’imam de la grande mosquée de la localité, Boukar Goni Abba. Transporté d’urgence à la clinique Moussa à Mora, la victime succombe à ses blessures. Toujours ce même jour à Yegoua, une localité de l’arrondissement de Kolofata, des assaillants font irruption au domicile de Blama Djougoudoum qui, lui, réussit à s’échapper. Des membres de Boko Haram mènent une incursion dans le village Kidjimatari-Kolofata dans la nuit du 29 au 30 octobre 2014.

Au cours des affrontements avec les forces de défense et de sécurité camerounaise, ils perdent un des leurs et abandonnent sur le théâtre des opérations 01 RPG et 406 munitions de différents calibres. Toujours dans la même nuit, 03 obus sont tirés  sur Fotokol dont 02 explosent faisant 02 blessés civils. Dans l’après-midi du 30 octobre 2014, aux environs de 17 heures, dans le village Zamga, localité située à deux km d’Achighachia, les combattants de Boko Haram venus piller le bétail sont surpris par une patrouille motorisée du BIR. Cet accrochage fait deux morts du côté des assaillants.

Deux armes sont en outre récupérées par les militaires camerounais. Le 31 octobre 2014, aux environs de 17h, des membres de la secte Boko Haram attaquent un campement d’éleveurs dans la localité de Nguetchewé située à 06 km de Mozogo. Ils emportent trois troupeaux de bovins d’environ 200 têtes. Un véhicule du BIR avec plusieurs éléments à son bord dont deux chefs de bataillon, saute ce même jour sur une mine posée par Boko Haram sur l’axe Maltam-Fotokol, plus précisément entre les localités de Fima et Medina. Un soldat est tué et plusieurs autres blessés. Le véhicule a été complètement détruit.

Novembre 2014

Dans la nuit du 01 au 02 novembre 2014, des éléments de Boko Haram en provenance du Nigéria  enlèvent deux personnes à Achigachia. La première victime, le nommé Haman Oumaté, de nationalité camerounaise, vendeur de pain, est décapité par les assaillants à Achigachia-Nigéria. Aucune nouvelle de la seconde victime jusqu’à ce jour. Dans la nuit 02 au 03 novembre 2014, les éléments de la 341eme compagnie anti-char de Maltam abattent le nommé Atiye Mahamat, conducteur de transport public sur l’axe Kousseri-Fotokol. Celui-ci se rendait à Kousseri à bord d’un véhicule de marque Peugeot 504 immatricule EN-088-AC quand il a refusé d’obtempérer aux injonctions des militaires qui ont ouvert le feu. La fouille du véhicule a permis de saisir plusieurs armes d’assauts rangées dans deux sacs.

Le 03 novembre 2014, autour de 14 heures, sept membres de Boko Haram attaquent les villages Zida et Lding-Lding, deux localités de l’arrondissement de Mokolo situés à 05 km de Tourou. Ils mettent le feu à deux maisons appartenant aux nommés Kalda Zra et Baldena Matakone. Ce dernier a vu son fils handicapé, âgé de 10 ans, périr dans les flammes. Le 04 novembre 2014 aux environs de 09 heures, les combattants de Boko Haram lancent 02 roquettes sur Fotokol sans faire de dégâts. Dans la nuit, ils mènent une incursion dans les villages Tacha-Sigal et Sadigo, deux localités de l’arrondissement de Makary, avec pour objectif de s’en prendre à une dénommée Amaria, vendeuse de stupéfiants. Celle-ci étant introuvable, les assaillants ont tout de même arraché le drapeau du Cameroun hissé devant la chefferie de Sadigo.

Dans la nuit du 05 au 06 novembre 2014, plusieurs membres de Boko Haram attaquent les quartiers Arabes et Tallamasaleh à Achighachia, une localité de l’arrondissement de Mayo-Moskota. Au cours de cette attaque, 01 véhicule de marque golf et 500 têtes de boeufs sont emportés par les assaillants.  Le 06 novembre 2014 aux environs de 04 heures, des membres de Boko Haram font une incursion dans le village Woula-Hankou, une localité de l’arrondissement de Mokolo où ils blessent un riverain au niveau de la poitrine et à la jambe droite. Deux assaillants sont tués lors de la riposte de l’armée camerounaise. Dans la nuit du 07 au 08 novembre 2014, les combattants de Boko Haram attaquent la localité de Kerawa, faisant 01 mort et 03 soldats blessés dans les rangs de l’armée camerounaise. Plusieurs assaillants sont tués et un pick-up saisi.

Le 09 novembre 2014, vers de 17 heures, des membres de Boko Haram à bord de 04 motos s’invitent dans le village Kalakachi, une localité située à 12 km de Mozogo. Ils emportent un troupeau de bovins et prennent en otage Boukar Blama, chef traditionnel de ladite localité. Le même jour, les combattants de Boko Haram mènent dans la nuit deux incursions dans l’arrondissement  de Kolofata. Dans le village Blablime, ils égorgent l’imam de la grande mosquée de la bourgade, Mal Abba, âgé de 75 ans environ. Ils abattent en outre le nommé Malloum Modou, âgé de 42 ans, dans le village Mallouri. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 2014, une tentative d’incursion des combattants de Boko Haram est repoussée par des éléments du BIR dans la localité d’Amchidé. Plusieurs assaillants sont tués. 15 véhicules pick-up sont également détruits par l’armée camerounaise.

Le 12 novembre 2014, la police découvre dans une Peugeot 504 conduit par un certain Ousman Oumar, un arsenal composé de 11 mitrailleuses 12,7 de fabrication chinoise ; 06 AK47 ; 02 mitrailleuses chinoise (DPK) ; 02 mitrailleuses 12,7 ; 01 lance-roquette RPG 7 ; 758 cartouches 5,56 ; 109 cartouches AK 47 ; 114 cartouches 764 x 54 et 02 couvertures. Le même 12 novembre 2014, les éléments du commissariat central de Kousseri interpellent au quartier Lacka-Kousseri, un véhicule automobile de marque Peugeot 404 immatriculé EN-596-AG conduit par le nommé Ousmane Oumar, membre  de la secte islamiste. La fouille minutieuse du véhicule permet la découverte d’armes et de munitions  composées de : 06 AK47, 11 mitrailleuses 12,7 chinoises, 02 mitrailleuses DPK chinoises, 02 mitrailleuses 12/7 chinoises, 01 RPG7 roquette, 01 charge propulsive Rpg7, 06 boites chargeur AK47 vides, 01 tambour mitrailleuse  lourd chinois, 758 munitions 5,56mm, 109 cartouches AK47, 114 munitions de  62×54 bourrelets, 01 munition de 7,62 mm, 54 autres fixées sur 01 maillon et 02 couvertures neuves.

Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2014, les combattants de Boko Haram armés s’infiltrent dans le village Goldavi, une localité située à 12 km de Mozogo où ils emportent 06 troupeaux de bovins estimés à environ 240 bêtes. La même nuit, des éléments de Boko Haram s’introduisent dans le village Tolkomari, une localité de l’arrondissement de Kolofata où ils incendient une boutique appartenant à Abba Ouza. Les assaillants abandonnent 01 grenade sur les lieux. Dans l’après-midi du 15 novembre 2014, plusieurs membres de Boko Haram à bord des motos font irruption dans le village Bodo, une localité de l’arrondissement de Makary où ils tuent le nommé Abakachi Abouna à son domicile, incendient 04 véhicules (03 camions et 01 VA genre tourisme) ainsi que le domicile de Kaka Ita Diguio. Les assaillants détruisent aussi le drapeau hissé devant la chefferie de localité.

Dans la soirée du 16 novembre 2014 aux environs de 18h, des éléments de Boko Haram à bord de 06 motos pénètrent dans la localité de Nguetchéwé située à 06 km de Mozogo. Ils pillent le centre de santé catholique et emportent un stock de médicaments ainsi que la moto du chef dudit centre hospitalier. La même nuit, des éléments de la secte arrivent dans le village Kidji- Gangawa et abattent le nommé Zeved Gagala à son domicile avant de se rendre à Kouyape où ils s’introduisent au domicile du chef traditionnel qui réussit à s’échapper en escaladant sa clôture. Les assaillants emportent tout de même deux motos non sans piller plusieurs boutiques. Le 18 novembre 2014, les nommés Oumar Kouboua, âgé de 33 ans, et Talaka Guidjo, âgé de 35 ans, sont assassinés respectivement dans les villages Vreket et Hourbech, localités situées à 20 km environ de Mozogo, arrondissement de Mayo- Moskota, par trois membres de Boko Haram. Deux motos sont emportées au cours de cette opération.

Dans la nuit du 19 au 20 novembre 2014, les combattants de Boko Haram pénètrent dans le village Leimari non loin de Sagmé et égorgent publiquement le chef, Blama Malloum, de même que son fils. Dans la nuit du 21 au 22 novembre 2014, l’armée camerounaise encercle et détruit un camp d’entrainement de Boko Haram dans la bourgade de Bornori (Mayo-Sava), à 15 km de la frontière nigériane. Lawane Modou, âgé de 70 ans, est assassiné à son domicile par les membres de Boko Haram dans la nuit du 23 au 24 novembre 2014, dans la localité de Dougdjé-Kerawa

Décembre 2014

Dans la nuit du 06 au 07 décembre 2014, des hommes armés envahissent le village Guidi, une localité de l’arrondissement de Kolofata, où 350 têtes de boeufs appartenant à sept éleveurs sont emportées. Dans la nuit du 08 au 09 décembre 2014 vers 22 heures, des adeptes de Boko Haram font une incursion dans le village Yegoua, une localité de l’arrondissement de Kolofata où ils décapitent cinq personnes. Il s’agit des nommes Seïdou Manatchew âgé de 47 ans, Madi Ousman âgé de 45 ans, Nguizok Raved âgé de 37 ans, Kala Dzavi âgé de 40 ans et Harouna Sali. Ils emportent aussi 108 petits ruminants appartenant auxdites victimes.

Le 09 décembre 2014 vers 18 heures, les adeptes de Boko Haram à bord d’une dizaine de motos agressent le village Goldavi, une localité de l’arrondissement de Mayo- Moskota située à 14 km de la frontière. Les assaillants emportent 04 motos et 01 tricycle. Une autre incursion de Boko Haram est enregistrée dans la nuit dans les villages Touski par Bonderi, une localité de l’arrondissement de Mora. Les assaillants abattent 04 bergers. Il s’agit des nommés Daouda Bouba, Daouda Malloum Salé, Abouama Ali et Malloum Haroun.

Dans la nuit du 10 au 11 décembre 2014, trois éléments de Boko Haram sont surpris par une patrouille de l’armée camerounaise dans la localité d’Achigachia dans l’arrondissement de Mayo-Moskota. Les assaillants sont refoulés au Nigeria. Par ailleurs, la même nuit dans la localité de Gouzda-Vreket située à 05 km de Zelevet, un accrochage a lieu entre des combattants de la secte Boko Haram et des militaires camerounais. Deux assaillants sont tués.

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2014, des éléments de Boko Haram font une incursion dans les villages Oubi-cheri et Kangueleri, deux localités de l’arrondissement de Mora. Quatre personnes trouvent la mort à la suite de cette opération. Plusieurs concessions sont également incendiées par les assaillants ainsi que 02 camions de transport. Des membres de Boko Haram à bord de plusieurs motos s’introduisent dans les localités de Kaliari et Nguetchewé, arrondissement de Mayo-Moskota, dans l’après-midi du 12 décembre 2014. Du bétail et des motos sont emportés et des boutiques pillées. Ce même jour, un autre accrochage a lieu entre des éléments de l’armée camerounaise et des combattants de Boko Haram dans la même unité administrative. 35 assaillants trouvent la mort dans le village Gouzda-Vreket et 18 autres dans le village Kandjidi.

Le 13 décembre 2014 aux environs de 08 heures, un pick-up du 42e BIM à destination de Gouzda-Vreket saute sur une mine dans la localité de Djibrili située à 04 km d’Achighachia, arrondissement de Mayo-Moskota. Deux militaires trouvent la mort au cours de cet incident. Il s’agit du sergent Mekome Gildas et du caporal Tjamb Pierre. 04 autres soldats ont été blessés dans cette embuscade. Le 16 décembre 2014, un pickup de l’armée Camerounaise transportant des éléments du 42è BIM en patrouille dans l’arrondissement du Mayo-Moskota saute sur une mine sur l’axe Zelevet-Gouzda-Vreket, faisant 03 morts dont le sergent Tangem Roland, le caporal Ndoume Paul et le soldat de 2è classe Ndjifendji Divan. Aussi, 05 autres soldats dont les caporaux Manga Stanley et Effangom, les soldats de 2è classe Endja Ondoua, Mama Onana et Ndjatan blessés sont admis au centre médical militaire de Maroua. Le même jour, des adeptes de la secte emportent vers 18 heures, un troupeau de bœufs dans la localité de Mozogo. Les positions militaires d’Amchidé et de Limani sont attaquées par des combattants de Boko Haram le 17 décembre 2014. Deux militaires camerounais trouvent la mort. Il s’agit du lieutenant Rouki Moïse et du sergent Maïdougou. En outre, six soldats sont grièvement blessés. En plus des concessions incendiées au quartier Djakana, 03 pick-up land cruiser et deux camions du génie militaire sont emportés par les assaillants. Plus de 100  membres de la secte périssent dans cette attaque. Toujours ce jour, un pick-up land cruiser de l’armée camerounaise est détruit à la suite de l’explosion d’une mine. Un membre d’un comité de vigilance, Ousmanou Boukar, est aussi blessé. Ce même jour encore, des membres de Boko Haram à bord des motos font une irruption dans le village Kossa, une bourgade située dans l’arrondissement de Mora et où le nommé Amos est froidement abattu. Une jeune fille de 16 ans est également enlevée et plusieurs concessions incendiées.

Le 19 décembre 2014 vers 16 heures, des membres de Boko Haram attaquent un camion de transport de marchandises au marché de Kouyapé, dans l’arrondissement de Kolfata. Le chauffeur du camion, Ousmanou Sawalda, est tué ainsi que le nommé Faguildim. Une autre personne est enlevée. Les assaillants emportent aussi six motos appartenant à des villageois. Le même jour, vers 18 heures, 05 employés de la Banque Bicec de Kousseri se rendant à Garoua à bord d’un pick-up de service immatriculé LT-481-AS sont interceptés par les assaillants au niveau du village Tchakramari, une bourgade située dans l’arrondissement de Mora. Le chauffeur, Guemé, et Mahamat Djibrine (chargé de la clientèle) trouvent la mort sur place. Les autres passagers sont blessés dont les nommés Abakar, Lawane Kari et Wandjonri Parfait. Le véhicule est emporté par les éléments de la secte.

Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2014, les forces de maintien de l’ordre mènent une opération coup de poing dans le canton de Guirvidig dans l’arrondissement de Maga. 300 personnes sont interpellées. Après leur exploitation au niveau de la légion de gendarmerie, 45 instructeurs et maîtres coraniques de nationalités camerounaise et nigériane ainsi qu’une centaine de leurs élèves dont l’âge varie entre 09 et 12 ans sont placés en garde à vue. Le 22 décembre 2014, une roquette tirée sur la ville de Fotokol par la secte Boko Haram explose dans la ville et blesse le nommé Issa Adji, âgé de 07 ans. Toujours ce même jour, aux environs de 17 heures, deux cars de transport en commun ayant à leurs bords 17 passagers et se rendant à Mora, sont attaqués par des éléments de Boko Haram et détournés au niveau du village Bame-Kerawa. Les occupants sont conduits à Dimeni, un village frontalier avec le Nigeria où ils sont dépossédés de leurs biens avant d’être libérés. Une personne a cependant été retenue en otage. Ce même jour dans la nuit, les combattants de Boko Haram à bord de 12 motos tentent de s’infiltrer dans le parc national de Waza depuis deux villages du canton de Bonderi (Nira et Blabline). A l’aide des fusées éclairantes, ils sont dispersés par l’armée camerounaise au niveau de Tagawa-Waza.

Dans la nuit du 23 au 24 décembre 2014, aux environs de 19 heures, des adeptes de Boko Haram s’attaquent à la localité de Gouzoudou, arrondissement de Kolfata où ils dépouillent les villageois de leurs biens dont 08 motos. Dans la même nuit, une autre attaque est perpétrée dans la localité de Madjina I dans le canton de Kossa, arrondissement de Mora. Un père de famille est tué et deux autres membres de la famille blessés. Les assaillants emportent également 21 troupeaux de boeufs de 100 têtes appartenant au nommé Azanga Alaou, ainsi que deux motos, propriétés du chef du village. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 2014, à bord des motos, des combattants de Boko Haram assiègent les villages Zenemé II et III dans  l’arrondissement de Mayo-Moskota avant de piller des maisons. Ils exécutent les nommés Moutsina âgé de 50 ans, Sali Vanagolda 32 ans et Oumaté Veved 50 ans. Ils incendient aussi 24 concessions, 02 lieux de cultes, 360 sacs de céréales et 25 tonnes de coton. En retour, ils abandonnent 01 moto et 04 vélos sur place.

Le 26 décembre 2014 à 19 heures, des membres de la secte Boko Haram lourdement armés font incursion dans le village Beljoel, une localité située à 06 km de Mozogo et ont incendié tout le village et tué une trentaine de personnes. Trois églises sont brûlées en plus d’une grande quantité de céréales et de coton. Dans la même journée, cette fois en matinée, une patrouille motorisée des éléments du BIR à bord d’un pick-up est attaquée sur la national n°1 entre les villages Tchakramari et Gambaru faisant 01 mort et 03 soldats blessés dans ses rangs. Ce même jour, l’armée camerounaise pilonne les positions de Boko Haram dans le village Soueram, non loin de Fotokol. 53 corps des combattants de Boko Haram seront retrouvés sur les lieux le lendemain.

Le 28 décembre 2014, la base du 42è BIM d’Achigachia est prise d’assaut par les éléments de la secte. 10 éléments des forces de défenses sont à ce jour portés disparus dont le chef de détachement, le capitaine Mayla. 02 pick-up, 01 mortier 120 mm, 01 automitrailleuse 14, 05 bitubes, 02 mitrailleuses 12,7 mm sont saisis par les assaillants incendient le camp à la suite de l’intervention l’aviation camerounaise. Ce même 28 décembre 2014 aux environs 22 heures, la secte Boko Haram incendie le village Goldavi dans l’arrondissement de Mayo-Moskota. Aussi, dans la nuit de ce même 28 décembre, un convoi militaire du Bcs et du Bim en provenance de Kousseri est attaqué sur la nationale n°1 dans le village Tchakramari. Deux militaires perdent la vie. Il s’agit des adjudants-chefs Keboksala et Mitna respectivement en service au bataillon de commandement et de soutien (BCS) et au 41è BIM. 08 autres soldats sont blessés dont l’adjudant Djarsoumna du BCS, le caporal-chef Bakari (chauffeur) et le soldat Halilou. L’adjudant Senga Djingui, les sergents chefs Oumarou Jean Paul et Madi Walla sont portés disparus, bien que joignables au téléphone.

Source : © L’Oeil du Sahel