Cameroun : Quand l’armée confisque les obsèques de Monique Koumatékel

Quand l’armée confisque les obsèques de Monique Koumatékel | © Facebook/DR
Quand l’armée confisque les obsèques de Monique Koumatékel | © Facebook/DR

Les éléments du groupement mobile d’intervention N°2 et de la gendarmerie nationale ont pris d’assaut   la morgue de l’hôpital Laquintinie de Douala, ce vendredi 29 Avril.  Certains membres de la famille de la défunte pointent un doigt accusateur vers les autorités de les avoir écarté de l’organisation de la cérémonie funèbre.

Le corps de celle qui a rendu l’âme sur le perron de la maternité de Laquintie, il y a environ un mois et demi a été immédiatement conduit dans le département du Nkam, précisément à Yabassi, sous la houlette des forces de l’ordre ce vendredi 29 Avril 2016, après la levée qui a mis plus d’une demie- heure.  L’important dispositif sécuritaire était déjà sur les lieux longtemps avant l’arrivée des amis et connaissances.  Les véhicules de l’équipe spéciale d’intervention rapide et des militaires étaient stationnés sur la devanture de la morgue, attendant la fin de la levée pour transporter les membres de la famille jusqu’au village. Pas moyen d’accéder facilement car tout était surveillé. Même les proches de la famille étaient refoulés à l’entrée de la morgue.

« Vous n’êtes pas les bienvenus ici », déclare un policier aux journalistes.

D’après les informations recueillies, pour assister à la levée de corps il fallait se munir d’un programme des obsèques, auquel cas l’accès était impossible. En outre les amis et membres de la famille qui ne remplissaient pas ces conditions ont été chassés. Les hommes de médias n’étaient pas en reste « Vous n’êtes pas les bienvenus ici », déclare un policier aux journalistes. « Je n’applique que les instructions qui m’ont été données », poursuit-il.  Difficile de savoir de qui viennent ces recommandations. Rapproché des différents corps de l’armée, La Nouvelle Expression n’a pu avoir la réponse exacte. D’après la première source, cette sécurité est exigée par le Directeur de L’hôpital Laquintinie nouvellement installé.  Une autre source fait savoir que c’est une instruction venant des autorités de la ville.

Les personnes ayant eu le privilège d’assister aux obsèques se sentaient tout simplement déçues de n’avoir pas immortalisé la cérémonie à cause des menaces des forces de l’ordre. « Je ne pouvais même pas faire de photos, car à l’intérieur de la morgue, on nous obligeait d’éteindre nos téléphones portables. Vraiment, je ne sais à quoi ressemblait ma cousine, car nous n’avons rien vu », désole une proche de la famille de la défunte. Après des instants d’attente et de patience, les inquiétudes ont commencé à naitre. « Depuis quand doit-on exiger un programme de deuil ?  Nous sommes en Afrique, il n’y a jamais d’invitation pour assister quelqu’un en détresse », s’exclame Lamine, cousine de la défunte. « Qu’est –ce qui se trame à l’intérieur de la morgue », lance une autre.

Après la levée, le corps a été immédiatement conduit au village pour l’inhumation prévu le samedi 30 Avril, sous le regard impuissant des membres de la famille de Monique Koumatekel, éventrée le 12 mars par son amie sur le perron de la maternité de L’Hôpital Laquintinie, afin de sauver ses jumeaux.

 Source : © La Nouvelle Expression

Par Amélie Dita, Stg

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2 Commentaires sur "Cameroun : Quand l’armée confisque les obsèques de Monique Koumatékel"

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Alain Senghor Ngute

c’est le #Cameroun!!!!

Mohamed Ibrahim

Meme pas la police mais l armée!incroyable

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