Cameroun – L’Arène : Cette maladie curable dont souffre canal 2 international

Malgré toutes les controverses que nous pouvons lire de part et d’autre sur le pays Cameroun, il n’en demeure pas moins que c’est un pays qui a encore des canaux qui doivent être exploités pour améliorer son image sur le plan national et international. De ces multiples canaux, je m’attarderai un peu plus sur la télévision. En effet, la télévision a des fonctions multiples, allant du divertissement passant par l’information jusqu’à l’instruction des populations. Il est cependant déplorable que dans bien des cas, des journalistes, qui avec leurs connaissances multiples devraient nous illuminer, essaient plutôt d’utiliser la télévision pour faire du lynchage médiatique.

L’Arène : Cette maladie curable dont souffre canal 2 international par
Djoufack Anicet Happy

Canal2 international fait partie de ces chaines de télévisions qui ont une réputation à ne plus présenter dans le milieu médiatique camerounais. Elle a, notamment au mois d’avril 2017, reçu le prix de la locomotive audiovisuelle privée au Cameroun, un Prix décerné par Peace Media Awards(PMA). Cette position de chef de bataillon devrait permettre à ce que cette chaine ait un comportement loin de tout reproche, qu’elle se comporte en véritable leader. Je dois de prime abord dissiper les malentendus, tout en précisant que de manière personnelle, c’est la chaine camerounaise qui offre plus de programmes appréciables et variés. J’aurai voulu ne rien avoir à en rajouter mais ce ne sera pas le cas, car une émission, à elle seule, appelée L’ARENE, dégrade considérablement l’image de cette chaine. C’est quoi exactement l’arène ? « C’est une émission de débats. Débat ouvert sur un ring. C’est un combat entre un invité et deux journalistes. Le but est de d’emmener l’invité à se défendre sur des sujets sensibles autour de ses engagements, de ses positions… un débat houleux qui permet aux téléspectateurs de bien connaitre l’invité et de tirer des leçons de cet entretien que dirige un présentateur ».

Si j’exprime ce ras-le-bol contre cette émission à elle seule, ce n’est nullement parce que mon géniteur, ou toute autre personne proche de moi y est passé et a essuyé un affront, non loin de là. Je me mets juste à la place de toutes ces personnalités qui acceptent de jouer le soit disant jeu et que ensuite, les journalistes se donnent tout le mal du monde pour tourner en ridicule. Montrer que c’est un imposteur qui ne devrait tout simplement pas exister et par conséquent personne ne gagnerait à suivre. Par cette dénonciation je refuse d’être complice dans ce lynchage médiatique, surtout que je peux être emmené un de ces jours à transmettre certaines informations aux camerounais par le biais de cette émission. Je pouvais tout aussi, comme les bien d’autres, juste laisser un commentaire à YouTube ou sur la page de Canal 2 international, mais au vu des nombreux commentaires qui y figurent, il est clair que les administrateurs de cette production télé ne peinent même pas à prendre cela en considération car pour ma part, L’ARENE va de plus en plus mal et doit être sauvée. Il faut que quelqu’un prenne le courage pour stopper l’hémorragie.

Je tiens pour responsables ces Hommes qui se « cagoulent » derrière un masque de journalistes pour régler des comptes personnels au lieu d’édifier des honnêtes et neutres auditeurs que nous sommes. C’est vrai que l’un des plus célèbres savants du nom de Albert Einstein déclarait : « Il n’y a pas de question idiote, seulement une réponse idiote ». Si au moment de cette déclaration il avait regardé L’ARENE une seule fois, il se serait ravisé d’une telle affirmation. La plupart des questions posées pendant les 90 minutes de télévision de cette production ne devraient pas avoir lieu. Celles-ci ne sont tout simplement pas des questions mais des jugements de valeurs, des supputations, des invectives, des règlements de compte et des attaques presque personnelles à l’égard des invités. L’arène devient donc un immense boulevard dans lequel des journalistes qui, dans la vie réelle n’ont pas grand-chose à apprendre aux camerounais, peuvent s’exprimer, se valoriser,se mettre en avant et donner l’impression d’être au centre dans tous les sujets sociétaux au Cameroun.

Mon indignation commence dans les années 2013, précisément le mois de juin, lorsque Vincent Sostheme Fouda est invité à descendre dans l’arène. J’étais très heureux ce soir-là car je voulais vraiment savoir si cet homme qui prétendait pouvoir gouverner le Cameroun, représentait un espoir pour sortir la jeunesse camerounaise de cette nasse dans laquelle elle a été faite prisonnière depuis des décennies. Ma déception fut, hélas, si profonde de voir deux journalistes qui jouaient aux intéressants mais étaient, en vérité, incapables de vraiment poser une question pertinente. Non pas que Jean François Chanon et Boris Bertholt soient de journalistes médiocres, surtout que personnellement, ils font partie des meilleurs. Cependant, leur prestation laissa vraiment à désirer. Jean François a tellement insisté sur le parcours de jésuite de l’invité au point où je me suis demandé si c’était la seule connaissance dont il était détenteur. De l’embarras pouvait se lire sur le visage de l’invité car ce dernier s’était préparé à édifier les camerounais sur un certain nombre de sujets, mais au lieu de cela, Ghislain Pierre Essono chef de bataillon et ses complices l’ont emmené dans le terrain de la convertibilité des monnaies, le lieu de résidence de Vanessa Tchatchou et que sais-je encore? À un moment de l’émission, l’invité affirme avoir 43 ans et le modérateur de rétorquer 43 ans cette année? Faire preuve d’autant de médiocrité pour des journalistes c’est tout simplement déplorable dans la mesure où nous comptons sur eux pour nous restituer la vérité dans son intégralité.

Nous avons d’autres cas pathétiques comme celui de Herve B. Endong qui est un récidiviste dans cette médiocrité car il sera successivement face à Guy Parfait Songue et Lapiro de Mbanga. Pour le premier nommé, il essaya pendant plus d’une heure de télévision à démontrer que Guy Parfait Songue n’a même pas une licence alors qu’il prétend avoir le doctorat. Je ne sais pas si jusqu’à ce jour, ses investigations ont été un peu plus fructueuses ou comme tout grand chercheur il s’évertue toujours à prouver ce qu’il pense? Cet acharnement et surtout cette boulimie à peindre autrui en noir n’apporte pas véritablement une plus-value aux camerounais. Si vous estimez qu’une personne n’inspire pas grand-chose, ne l’invitez donc pas pour nous faire perdre notre temps qui est si précieux.

Ce qui m’indispose encore plus dans ce constat, c’est que tout le monde, y compris ceux qui représentent le point d’achèvement du journalisme camerounais, esquissent également les pas de cette danse macabre. C’est pour cette raison que je suis très mal à l’aise quand je regarde la prestation de George Alain Bohomo et Armand Okol Face à Albert Dzongang. Ils traitent Dzongang de de prostituée politique, pour la simple et banale raison qu’il est convoité par de divers partis politiques. Tout cela me pousse à me demander si un journaliste qui est sollicité par d’autres chaines est forcément un traitre? Etant donné que nous sommes plus sollicités à cause des qualités que nous possédons, à cause de notre savoir-faire que nous pouvons distiller chez le solliciteur. Je peux permettre à Armand Okol une telle escalade car il est encore sur les bancs comme nous tous d’ailleurs afin de s’améliorer, de compléter ce qui lui permettra d’être meilleur. Comme si ça ne suffisait pas, Bohomo Alain dénie la paternité du G7 à Dzongang et essaie d’une manière très subtile de se l’approprier, alors qu’il déclare en même temps être apolitique. Nous les téléspectateurs ne sommes pas dupes face à de telles tentatives car l’une des caractéristiques de ces journalistes est qu’ils ne sont jamais membre d’un parti politique. Cela leur permet d’attribuer tous les échecs du système aux autres sans jamais reconnaitre le combat que certains mènent, mais qui malheureusement trébuche toujours contre cette grosse machine qu’est le système en place.

Soule Ohonolo est sans doute l’un des meilleurs, à ma connaissance, il est l’interviewer qui a été le plus régulier ces dernières années. Il utilise une technique très sophistiquée pour poser ce genre de questions jonchées de mauvaise foi. Il procède toujours ainsi : « que diriez-vous de ceux qui disent que … » et croyez moi que ce qui suivra ne sera que de vaste invective sans fondement probant. Il utilise cette technique dans presque toutes ses prestations, c’est à travers elles qu’il qualifie Jean Emanuel Pondi d’intellectuel parachuté qui a peur de mettre la main dans le feu. C’est peut-être par solidarité pour le corps de métier que Jean Bruno Tagne lui épargne le dépôt d’une plainte pour diffamation car décidément Soule concocte plus dans les «on dit» que dans l’investigation journalistique, qui est le fondement de cette profession. Ces journalistes sont très confortés dans leur rôle d’interviewers, et quand ils se rendent compte que l’invité est très éloquent, maitrise son sujet et surtout parait être très honnête et pertinent, ils l’étouffent avec une série d’autres questions sans lui donner le temps de répondre car l’objectif est de le dépeindre et non d’apprendre de lui. C’est pour cette raison que jean Takougang, malgré sa patience d’enseignant est entré dans une colère presque bleue face à l’agacement du très brillant mais également tenace Njoya Moussa qui décidément s’était donné pour objectif de l’étouffer tout jamais.

Ce qui m’exacerbe est cette façon de vouloir mettre l’invité à tout prix en difficulté. Il est clair qu’ils ne posent pas des questions dans le but d’avoir des informations supplémentaires à ce qu’ils  savent déjà ou pas, ou encore moins dans le but que l’invité renseigne les téléspectateurs sur un sujet bien précis. La question idiote que je suis en droit de me poser est celle de savoir si le journaliste était détenteur de l’information pour laquelle un invité est convié à l’arène, pourquoi ne pas la rendre tout simplement publique sans qu’on ait à déplacer des sommités comme c’est très souvent le cas?

Des exemples de cette mauvaise prestation sont si multiples que tous les énumérer reviendrait à compter le nombre de grains de sable qu’il y a dans une mer. Je vous épargnerai le cas de la plus célèbre romancière camerounaise Calixte Beyala qui a été sans doute le plus pathétique. En parler reviendrai à donner beaucoup de poids à ce contradicteur très zélé que je découvrais pour la première fois et dont je préfère respecter en taisant le nom.

Les journalistes doivent encore apprendre à poser des questions, laisser des jugements de valeur qui n’intéressent guère les camerounais honnêtes et sérieux que nous sommes. Si vous estimez que vous posez des questions pour vous et non pour les spectateurs le mieux serait donc de ne plus les inviter à la télé. Car les consommateurs des programmes télévisés sont en droit d’exiger la qualité des programmes qui sont proposés. Faut toujours avoir l’esprit lucide et surtout savoir que le journaliste ne possède pas la science infuse. Comme l’a si bien dit Romeo Dika qui a été victime de la foudre de ces « journaleux », il répondait à Martinez Zogo en ces termes : « le grand problème du Cameroun c’est cet amalgame que font les non sachant à souvent parler comme des magnétophones, parce que on leur a dit de dire ». Jeter des personnes publiques comme ça en pâture sans un instant de remord c’est tout simplement ridicule et pathétique. Pas que le journaliste ne peut pas réfuter ce que dit un invité, mais de la manière dont ils se comportent souvent dans cet exercice il ne faut pas être psychologue ou détenteur de dix doctorats pour remarquer que ça pue la mauvaise foi, mélangé à un manque de professionnalisme. Au nom de certaines sources qui ne devraient pas être dévoilées, ils imputent souvent aux invités des faits dont eux seuls maitrisent le commencement et l’achèvement. Je vais emprunter cette phrase à Alain Fogue pour dire qu’il faut arrêter de juger des personnes de la première à la dernière instance sans leur donner une possibilité de recours.

J’invite Rodrigue Tongue ainsi que tous les prochains présentateurs de cette émission de garder les pieds sur terre, car c’est sur son règne que l’arène a connu plus de turbulences. Le rendez-vous du hot et du hard interview n’est pas une déclaration de guerre. En le considérant ainsi, cela ne peut pousser qu’aux dérives comme celle de Ngoualem Carlos et Abel Elimby Lobe qui sont pratiquement venus aux mains, se croyant certainement encore dans l’arène bien que celle-ci soit achevée quelques instants plus tôt.

Peut-être faudrait-il penser à changer même jusqu’au titre de cette production audiovisuelle car l’arène ne peut rien stimuler de convivial et serein. Je prie donc le journaliste Joly Koum qui a son mot à dire sur tous ces débats télévisés sur canal 2 international, d’user de son savoir-faire et de cette expérience accumulés au fil des années afin de nous faire plaisir en améliorant la qualité de cette émission. Avant chaque émission, briefer les journalistes sur cette tendance qui consiste à se comporter comme des juges en face d’un accusé. Consulter même le canevas des questions qui vont être posées et y recaler celles qui sont amorale. Avertir aussi les journalistes qui se comporteront mal d’une éventuelle censure, leur permettrait de garder les pieds sur terre. Le journaliste est ma foi un si noble métier mais ne l’utilisons plus comme une hache de guerre. Si possible, faire recours à Jules Domche qui est l’initiateur de ce programme car comme en mécanique, celui qui a conçu un système est celui qui est à même de mieux l’améliorer. Je parie qu’il doit être plus que déçu de voir ce qu’est devenu son invention, car comme tout créateur, nous aimerions bien voir notre œuvre venir à bout des générations.

Tout petit j’avais toujours rêvé être bibliothécaire ou à défaut journaliste, c’est pourquoi je refuse d’accepter que ce qui fut un métier de rêve dans ma tendre enfance devienne la source d’un mal aise. Si vous ne soignez pas cette mauvaise image, vous verrez des hommes publics y venir de moins en moins comme ça tend déjà à être le cas. Je ne saurai cependant finir sans saluer ces émissions dans lesquelles le professionnaliste et le respect mutuel ont été mis en avant. Je saluerai particulièrement toutes ces personnalités, au savoir à n’en point finir, qui nous ont procuré beaucoup de plaisir. Je
citerai vaguement comme ça : Kahbang Edith Walla, Marleine Emvoutou, Bernard Njonga, Francois Bingono Bingono, Guy Parfait Songue, Akere Mouna, Chantal Roger Tuile, Jean Bruno Tagne, Mbog Bassong, Princes Kum’a Ndumbe III, Herve Emmanuel Nkom, Joshua Osih, Dieunedort Kamdem, Abdouraman Amadou et bien d’autres invités qui nous ont abreuvés d’informations tout en nous édifiant sur une thématique bien précise.

Par Djoufack Anicet Happy – Contributeur

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6 Commentaires sur "Cameroun – L’Arène : Cette maladie curable dont souffre canal 2 international"

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Emmanuel Crepin

Une bête emission

Arthur Frederick Belinga Kile

Je suis d’accord
Autrefois c’était un véritable régal
L’émission avec Abdouraman était tout sauf un échange. Revoyez réellement vos invités journalistes.

Patrick-eric Tassikou Naoussi

Vraiment. Les invités sont parfois bien choisis, mes les journalistes invités à poser ses questions sont pitoyables, incompétents, et peu intelligents. À part le présentateur bien-sûr

Nenguim Fils

Tsuipppp

ONDIGUI MBARGA

IL EST FORT A PENSER DE NOS JOURS QUE CETTE EMISSION EST PRESENTEE PLUS PAR DES JOURNALEUX EN MANQUE D’INSPIRATION ET MEME DE SAVOIR VIVRE QUE PART DE VRAI HOMMES DU METIER. CANAL 2 DOIT PRENDRE GARDE.

Crésus Alex Yongui

Enfin un qui fait le même constat que moi. je me souviens du jours ou l’invité était le Ministre Grégoire OWONA , il a terminé l ‘émission etant déçu de n’avoir pas été interrogé sur des sujets pertinents relevant de son ministère . il y a longtemps cette émission n m’inspire plus. Canal presse risque devenir pareil car les invités se comportent comme des voyous et du coup notre dimanche devant canal 2 n ‘est plus comme avant

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