Cameroun : La suppression du marquage pourrait accentuer la fraude sur les produits pétroliers – 22/08/2014

Dans la structure des prix des produits pétroliers publiée par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), après la revalorisation des prix à la pompe effective sur le territoire camerounais depuis le 1er juillet 2014, le poste consacré à la redevance pour la «lutte contre la fraude» a été supprimée, sous «la pression des syndicats des transporteurs», indique une source autorisée.

Un vendeur de carburant frelaté - photo d'illustration.
Un vendeur de carburant frelaté – photo d’illustration.

Pourtant, apprend-on, ce poste qui consacrait un prélèvement de 0,26 francs Cfa sur chaque litre vendu, permettait de supporter les frais du marquage des produits pétroliers (3 milliards de francs Cfa), arme redoutable contre le frelatage, phénomène qui, selon le ministère de l’Energie et de l’Eau, occasionne encore des pertes cumulées estimées à 32 milliards de francs Cfa chaque année.

En effet, afin de combattre le frelatage des produits pétroliers, apprend-on, le Cameroun a d’abord entrepris de colorer le pétrole lampant en vert, afin d’éviter que ce produit soit par exemple mélangé au super (avec pour but d’en augmenter les quantités) par des opérateurs véreux, mus par l’appât du gain substantiel et facile. «Mais, les fraudeurs ont réussi à trouver la formule pour décolorer ce pétrole, afin de continuer leur sale besogne», explique notre source.

C’est fort de cela qu’à partir de 2012, les autorités camerounaises ont adopté le marquage, qui consiste à introduire dans les produits pétroliers une quantité précise d’un produit chimique détectable lors des contrôles. «Avec cette technique, on sait exactement quelle quantité de ce produit chimique doit contenir un échantillon de produit pétrolier prélevé dans les stations-service. Lorsqu’il se trouve que cette quantité est réduite après le contrôle, l’on conclut que le produit pétrolier en question a été mélangé, et la fraude est ainsi détectée», explique notre source.

En 2012, apprend-on, cette technique a permis de réduire la fraude, et de gagner 25 milliards de francs Cfa sur les pertes généralement occasionnées par l’activité des fraudeurs. Ces gains ont culminé à 58 milliards de francs Cfa en 2013, confie une source interne à la CSPH. Et de poursuivre : «Couplée à la récente hausse des prix à la pompe, la suppression du poste qui permettait de financer le marquage est assimilable à une augmentation des revenus des fraudeurs, qui vont certainement accentuer leur activité, au détriment de la qualité des produits pétroliers, qui pourrait considérablement se détériorer dans les prochains jours».

Source : Agence Ecofin

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