Cameroun : La presse se penche sur le devoir de mémoire réactivé par François Hollande – 07/07/2015

François Hollande pose avec son homologue Paul Biya lors de leurs rencontre, vendredi 3 juillet, à Yaoundé | © AFP PHOTO / ALAIN JOCARD
François Hollande pose avec son homologue Paul Biya lors de leurs rencontre, vendredi 3 juillet, à Yaoundé | © AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Les journaux camerounais parus mardi se sont penchés sur l’annonce faite vendredi dernier par le président français, François Hollande, de la possibilité d’ouverture des documents relatifs à la guerre de libération du pays.

Pour le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, cette étape est la bienvenue en ce sens qu’elle devrait permettre une meilleure connaissance de l’Histoire.

«Nombreux sont, en effet, les historiens qui n’ont pas pu accéder à certains documents sur la période précédent l’indépendance du Cameroun et dont les travaux ne sont jamais allés jusqu’au bout de ce qu’ils espéraient. La classe politique également est unanime à reconnaître qu’il s’agira d’un pas important. Une démarche qui devrait permettre aux générations à venir de mieux étudier l’histoire du Cameroun.»

Cet enthousiasme est cependant douché par cette interrogation de l’hebdomadaire Horizons Plus Magazine : «La France pourra-t-elle le massacre des Camerounais en 1955 comme un génocide à part entière, et envisager des dédommagements conséquents ?»

Pour cette publication, l’Afrique n’est pas dupe du masque hypocrite de démocratie de François Hollande, qui charrie le pire des impérialismes.

Le Cameroun éternue, la France s’enrhume, commente son confrère intégration pour qui le chef de l’Etat français a envoyé des signaux positifs d’une relation bilatérale désormais dépouillée de paternalisme et de condescendance.

La reconnaissance à demi-mots du génocide camerounais par François Hollande sonne comme aubaine pour les Camerounais de rétablir leur mémoire historique, analyse pour sa part le quotidien privé Emergence.

Mutations, pour sa part, s’approprie une déclaration du collectif «Mémoire 60» majoritairement constitué d’anciens prisonniers politiques qui appellent les gouvernements français et camerounais, ainsi que les Nations Unies, à la déclassification totale des archives liées à la période de lutte (de 1955 aux années 1970) en vue de connaître toute la vérité sur le rôle des personnes et des institutions intervenant dans la guerre d’indépendance.

Ses signataires appellent à la mise sur pied d’une commission mixte d’Etat franco-camerounaise d’historiens et chercheurs et des patriotes de divers horizons afin de faire un état des lieux de la période en question.

Ils invitent également les Camerounais, les Africains et toute personne de bonne foi «à se pencher sur cette question au cœur des luttes d’émancipation en Afrique et inscrite au patrimoine de l’Humanité du mouvement mondial pour la justice et la liberté».

© Camer Post avec © APA