Cameroun : La presse écrite négocie sa survie – 09/08/2014

Mauvaise distribution des journaux, baisse des tirages et augmentation du prix du papier. La presse est en danger de mort au Cameroun. Les éditeurs l’ont compris. Ils sont engagés dans des pourparlers avec leurs différents partenaires.

Haman Mana, par ailleurs directeur de publication du quotidien Le Jour.
Haman Mana, par ailleurs directeur de publication du quotidien Le Jour.

Mercredi dernier, 6 aout 2014, le président de la Fédération des éditeurs de presse du Cameroun (Fedipresse), Haman Mana, par ailleurs directeur de publication du quotidien Le Jour, a rencontré la directrice générale des Douanes, Minette Libom Li Liken. Ils ont discuté de l’augmentation du prix du papier presse, due aux frais désormais imposés à l’importation de cette matière première dans la fabrication du journal.

Les douaniers camerounais sont en effet accusés de ratisser large pour combler le manque à gagner causé par l’entrée en vigueur des Accords de partenariat économique intérimaires entre le Cameroun et l’Union européenne. Depuis le 4 août 2014, les produits européens entrent en territoire camerounais sans frais de douane.

Lors de la réunion des éditeurs de presse, le 25 juillet dernier, Sévérin Tchounkeu, directeur de publication du quotidien La Nouvelle Expression, avait prévenu que l’augmentation des coûts du papier dépassera les 20%. Dans un environnement où tout ou presque coûte plus cher du fait de la récente hausse des prix du carburant, il avait dit que le journal pourrait passer de 400 à 600 FCfa. La dernière augmentation de 100 FCfa remonte à 2007. La baisse des tirages s’est poursuivie.

Alors que la presse pâtit déjà des mauvaises habitudes de lecture des Camerounais, voilà que s’ajoute le problème de distribution. Une réunion de crise est prévue ce vendredi 8 août 2014 à Douala, la capitale économique du Cameroun, entre les éditeurs de presse et Messapresse, le distributeur exclusif dans le pays. Les deux parties ont nommé un médiateur à leur conflit. Il s’agit de Ferdinand Nana Payong, un professionnel de la publicité et de l’évènementiel, réputé très proche des médias.

« Le conflit est profond. Il faut que les gens soient de bonne foi. On doit sortir de la réunion de vendredi avec une feuille de route, un calendrier bien précis ; surtout il faut qu’on se donne des délais. Il faut qu’on aborde les sujets sans tabou », a prévenu M. Nana Payong.

La Fédipresse accuse Messapresse de mal distribuer les journaux et de ne pas déclarer toutes les ventes. Une étude révèle que 60% des points de vente des journaux sont inactifs à Douala contre 44% à Yaoundé. La presse est absente dans les villes secondaires du pays. « Messapresse ne fait pas de transparence dans le compte rendu de distribution. La vérification est impossible et l’interlocuteur ne vous donne aucune explication. La distribution n’est pas faite de manière que celui qui a envie d’un journal le retrouve où il doit être. Il n’y a aucune force de vente qui est déployée », s’est plaint Haman Mana, au sortir de la réunion que les éditeurs de presse ont tenue le 25 juillet dernier.

Selon Haman Mana, le temps est venu de « tirer la sonnette d’alarme sur un métier, sur le fait que notre métier est en train de mourir parce que nous fabriquons un produit qui n’est pas vendu parce que non distribué ; et lorsque nous le vendons, nous ne sommes pas sûrs d’être payés ». Son entreprise de presse qui connaît des difficultés financières a licencié cette semaine deux journalistes et un infographe.

Source : Agence Ecofin

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Francisca Mboe

hhhhh

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