Cameroun : la police démantèle un réseau d’armes de Boko Haram – 17/11/2014

Un blindé et une Pickup du Boko Haram détruit dans le Nord-Ouest par l'armée camerounaise. Photo : © L’Oeil du Sahel
Un blindé et une Pickup du Boko Haram détruits dans le Nord-Ouest par l’armée camerounaise. Photo : © L’Oeil du Sahel

Le trafiquant Ousmane Oumar se servait de son véhicule pour approvisionner la secte en armes et munitions.

Il y a des jours de poisse pour les trafiquants d’armes. Ce 12 novembre 2014, Ousmane Oumar qui conduit le véhicule de marque Peugeot 504 ne se doute pas de la «malchance » qui va causer sa perte. Dans la matinée de ce 12 novembre 2014, il franchi sans peine le pont Ngueli qui sépare Ndjamena de Kousseri. Le dispositif sécuritaire est certes renforcé de part et d’autre de la frontière depuis que les deux pays se sont résolus à assécher les approvisionnements en armes de la secte Boko Haram, mais il n’est pas loin de ressembler à une passoire.

Du reste, Ousmane Oumar a ses habitudes sur le trajet. L’homme est considéré comme un simple transporteur, le bakchich dissuadant les plus curieux. Et pourtant. En effet, sous ce manteau, il a mis en place le genre de stratagème que seul le hasard permet de découvrir. Dans son pick-up bâché immatriculé EN 396, il a confectionné une cachette où il dissimulait des armes et des munitions. Combien de fois a-t-il fait le trajet, son «coffre» rempli d’armes et de munitions ?

Seule l’enquête ouverte pourra apporter une réponse à cette question. Le 12 novembre 2014, il fonce vers la planque de Kousseri quand, au quartier Laka, une arme se détache du «coffre» et tombe sur la voie. Sous les yeux médusés de quelques badauds qui donnent aussitôt l’alerte. Et voici une équipe d’Esir sur les lieux. Elle se lance à la recherche du véhicule suspect. Ousmane Oumar a sans doute compris que la chance l’avait abandonné. Il décide alors de retourner dans la capitale Tchadienne et se mettre à l’abri. Il ne l’atteindra jamais.

Les policiers lui mettent le grappin dessus au niveau du pont Ngueli. La fouille est fructueuse : 11 mitrailleuses 12,7 de fabrication chinoise ; 06 AK 47, 2 mitrailleuse chinoise (DPK) ; 2 mitrailleuses 12,7 ; une lance roquette Rpg 7 ; 758 cartouches 5,56 ; 109 cartouches AK 47 ; 114 cartouches 762×54 et 2 couvertures neuves.

L’interpellation d’Ousmane Oumar montre à souhait l’ingéniosité dont font preuve les trafiquants d’armes pour alimenter la secte islamiste Boko Haram. Elle montre aussi que Kousseri reste une place logistique importante pour l’approvisionnement de la secte, que la récente arrestation du chef local de Boko Haram avait déjà mis en exergue. «Les armes continuent toujours de transiter en grand nombre par Ndjamena, puis Kousseri. Et à partir de là, il y a toute une autre logistique pour acheminer lesdites armes au Nigeria», renseigne une source administrative à Kousseri.

Le véhicule le plus usité pour le transport des armes est incontestablement la Peugeot 504. Depuis que le gouvernement tchadien a interdit la circulation sur les fleuves Logone et Chari et sur une partie du Lac Tchad, Boko Haram a de nouveau réinvesti le pont Ngueli pour faire passer ses armes et munitions. Malgré les efforts des deux gouvernements, il a réussi jusqu’ici à maintenir un niveau d’approvisionnement qui lui permet de garder l’initiative à certains endroits du conflit qui l’oppose à l’armée camerounaise. «Il faut des scanners des deux côtés du pont Ngueli, à Ndjamena et à Kousseri. C’est une contrainte si l’on veut réduire significativement le trafic», insiste une source policière à Kousseri.

Source : © L’Oeil du Sahel

Par DAVID WENAÏ

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