Cameroun : La paix via le portail du lycée

La paix via le portail du lycée | Photo d'illustration
La paix via le portail du lycée | Photo d’illustration

Un projet de Doual’art propose de mieux faire connaître les droits humains aux jeunes.

Dans le discours que les invités du centre d’art contemporain Doual’art tenaient samedi 30 janvier 2016 dernier, il y avait celui qui se veut clairement engagé. Tel le propos de Kum’a Ndumbe III, professeur d’université et descendant d’un des tout-premiers résistants à la colonisation du Cameroun, Kum’a Mbape alias Lock Priso, souverain des Bèlè-Bèlè à Bonabéri. Pour lui, susciter chez les lycéens une « culture de la paix », à travers le « parcours des droits humains à Douala », initiative de Doual’art, commande de refonder l’ensemble du système éducatif et même de la recherche en sciences sociales au Cameroun.

Doual’art espère plus simplement faire prendre conscience aux lycéens de Douala et de plus loin encore grâce à la mobilité des idées et ouvrages, que les droits humains dont on parle si souvent, les concernent au premier chef. Sa présidente, la princesse Marylin Douala Manga Bell a annoncé que le projet présenté samedi au siège du centre à Bonanjo-Douala, consistera donc à disposer aux portails de cinq lycées de la ville, des réalisations artistiques qui informent les jeunes sur l’existence de droits humains auxquels ils doivent recourir pour s’exprimer. C’est un moyen de susciter la discussion, de prévenir la révolte, d’harmoniser les rapports sociaux, pense-t-elle.

Kum’a Ndumbe III, intellectuel iconoclaste, observe cependant que « Pour qu’un enfant étudie en se sentant fier d’être un homme, il faut qu’il s’instruise dans les langues d’ici, celles du pays de ses ancêtres, qu’il interroge les sources locales en toute matière… Ainsi, il verra que cinq siècles avant qu’on ne parle de constitution en Occident, la charte du Mandé existait déjà en Afrique et obligeait à respecter et préserver toute vie humaine ; à gouverner avec les femmes… Il saura alors que les droits de l’homme ne sont pas une invention étrangère mais bien africaine. Ou encore que le Cameroun d’avant la colonisation utilisait le kru, une monnaie dont l’unité de base valait 20 deutschemarks ! » Une démarche qui peut faire vivre dans les esprits jeunes un droit capital, celui de garder et de partager une mémoire commune. Ça tombe bien, car d’après Marylin Douala Manga Bell, le projet s’accompagne d’un rappel historique sur l’histoire de Kamerunstadt, aux origines de l’actuel Cameroun, manifeste d’un patrimoine et d’un destin communs.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jean Baptiste KETCHATENG

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