Cameroun : La moitié de la production du bois se fait de manière ”informelle” – 23/01/2015

La moitié de la production du bois camerounais se fait de manière ''informelle'' selon Chatham House. Photo d'illustration
La moitié de la production du bois camerounais se fait de manière ”informelle” selon Chatham House. Photo d’illustration

Près de la moitié de la production de bois du Cameroun s’effectue de façon ‘’informelle’’ du fait de nombreuses années d’une corruption indéracinable, d’institutions inefficaces et de lois et politiques floues et inappropriées, selon un rapport publié jeudi par l’organisation non gouvernementale Chatham House.

Selon ce rapport, le processus de réforme juridique est lent, tout comme la mise en œuvre de l’accord de partenariat volontaire (APV) sur l’application de la législation forestière, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT) conclu avec l’Union européenne.

A cette illégalité, il a été constaté que le secteur informel continue d’approvisionner, à très grande échelle, un marché domestique qui s’est considérablement élargi au cours des 20 dernières années.

Selon Chatham House, la production totale de bois camerounais pourrait être le double de l’estimation officielle des récoltes, la production annuelle officielle étant estimée à quelque deux millions de mètres cubes avec un volume comparable du sciage artisanal produirait.

‘’La coordination au sein du gouvernement est généralement très inefficace : aucun processus formel n’est en place pour la coordination de haut niveau de l’action contre l’exploitation illégale des forêts les systèmes de traçabilité du bois au Cameroun sont inappropriés, tant au niveau des opérations sur le terrain que de la gestion de l’information.”

Les données commerciales, collectées par l’ONG, indiquent une chute considérable de la proportion d’exportations de produits de la filière bois vers des marchés sensibles depuis 2007 : de plus de 70 % entre 2000 et 2007 à juste au-dessus de 40 % en 2012, un déclin plus marqué entre 2007 et 2009 du fait de la crise financière mondiale ayant entraîné une importante chute des exportations globales de produits dérivés du bois particulièrement vers l’Europe.

La période de 2010 à 2013, quant à elle, a enregistré une augmentation des exportations totales mais dont la plus grande proportion était destinée à des marchés non sensibles et en particulier à la Chine.

La plus forte diminution de la part de produits destinés à desdits marchés sensibles concerne les grumes, dont les exportations vers la Chine ont augmenté de 50.000 mètres cubes en 2001 à 397.000 mètres cubes en 2012, dus principalement à la croissance de la demande en Chine, bien que l’application d’une interdiction d’exportations de grumes au Gabon, en 2010, ait pu elle aussi entrer en jeu.

Selon Chatham House, la loi portant régime des forêts, de la faune et de la pêche de 1994 au Cameroun et son décret d’application, de 1995, fournissent le cadre juridique pour le secteur forestier mais cette législation n’a toutefois pas été mise en application avec suffisamment de rigueur, une partie de la législation requise restant absente.

Le Cameroun n’a donc pas encore achevé la réforme de son cadre juridique, insiste l’ONG, soulignant qu’à ce jour, aucun système n’est en place pour l’envoi et la réception d’alertes des systèmes répressifs entre le Cameroun et d’autres pays.

© CamerPost avec © APA

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