Cameroun : La marine arraisonne quatre bateaux chinois pour pêche illicite – 27/05/2015

La marine camerounaise arraisonne quatre bateaux chinois pour pêche illicite | Illustration/DR
La marine camerounaise arraisonne quatre bateaux chinois pour pêche illicite | Illustration/DR

Dans la nuit du 24 mai 2015, les éléments de la marine camerounaise ont arraisonné quatre bateaux de pêche au large de la ville de Limbé, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, avant de les conduire à Douala, la capitale économique du pays. Les équipages chinois de ces navires, a-t-on appris de bonnes sources, s’adonnaient aux activités de pêche, alors qu’ils ne disposaient d’aucune autorisation réglementaire.

A la demande de la marine camerounaise, ces derniers ont présenté comme unique document, précise une source proche du dossier, «une attestation de dépôt» d’une demande de licence de pêche dans les eaux camerounaises, délivrée le 21 mai 2015. Mais, leur carnet de bord, lui, a révélé que ces pêcheurs étaient en activité dans les eaux camerounaises depuis le 18 mai, soit trois jours avant d’introduire leur demande de licence auprès des autorités compétentes.

En décembre 2013, deux autres bateaux de pêche chinois, baptisés «Da Lian Yu 15027 et 15028», avaient déjà été arraisonnés au large des côtes camerounaises, avec à leur bord plus de 100 tonnes de poissons, qui avaient été aussitôt vendues aux enchères.

Selon des sources internes au ministère des Pêches, la pêche illégale, pour laquelle les Chinois, Ghanéens, Indiens et Nigérians sont souvent mis à l’index, fait perdre au Cameroun des ressources halieutiques évaluées à environ 20 milliards de francs Cfa chaque année, alors que le pays dépense quelque 100 milliards de francs Cfa par an pour les importations de poisson.

360 Km de côtes maritimes à protéger

La pêche illégale au Cameroun prend généralement la forme de ce que les experts appellent la technique du «chalut-bœuf». Celle-ci, apprend-on, consiste à  jeter à l’eau un grand filet tiré de chaque côté par un bateau. Cette technique a le malheur de tout capturer, y compris les alevins, empêchant ainsi une reproduction des poissons.

En plus des autorisations réglementaires dont ils ne disposent généralement pas, les pêcheurs illégaux, renseigne-t-on au ministère des Pêches, utilisent souvent des filets aux mailles non réglementaires, qui capturent également les alevins.

Afin de combattre ce phénomène, les ministres camerounais de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, et le Dr Taïga, des Pêches, de l’Elevage et des Industries animales, ont signé en décembre 2013 à Yaoundé, la capitale du pays, une convention pour la sécurisation des zones de pêche sur le territoire nationale, afin de combattre «la pêche illicite, non déclarée et non réglementée».

C’est dans cette optique que la marine camerounaise a réceptionné, en novembre 2013, trois navires neufs livrés par le groupe espagnol Aresa International, afin de pouvoir se déployer sur les 360 kilomètres de côte maritime du pays, pour protéger les eaux territoriales de la pêche illicite.

Source : © Investir Au Cameroun

Par BRM

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