Cameroun : La baisse des prix du carburant est effective dans certaines stations-service

La baisse des prix du carburant est effective dans certaines stations-service | Illustration/DR
La baisse des prix du carburant est effective dans certaines stations-service | Illustration/DR

La mesure est entrée en vigueur dans certaines stations-service dès les premières heures de l’année 2016.

Depuis le 1er janvier 2016, les prix du carburant à la pompe ont baissé au Cameroun. Le Super coûte désormais 630 Fcfa au lieu de 650. Le gasoil se vend à 575 Fcfa le lire, au lieu de 600. Ces baisses ont été décidées par le gouvernement. Le 31 décembre 2015, Paul Biya, 33 ans au pouvoir, a annoncé ces baisses ainsi que la hausse des allocations familiales dans son discours de fin d’année. « Nous avons été notifiée vers minuit par une équipe du ministère du commerce », explique une dame employée de station-service dans la ville de Yaoundé, qui ajoute que les prix ont été réajustés à partir de deux heures le 1er janvier. Les nouveaux prix ont été affichés. Mais, c’est dans la journée que le grand public a constaté ce basculement. « Effectivement, j’ai acheté le carburant avec 20 Fcfa de moins sur chaque litre. Mais là n’est pas le problème. Cette baisse ne change rien, puisque son impact ne va pas au-delà du premier consommateur qu’est l’automobiliste. Or, l’idée c’est que tous les maillons de la chaine du transport ressentent cette baisse. Par exemple, vous devrez acheter le régime de banane moins cher parce que la voiture qui s’est rendue dans le bassin de production n’a pas taxé les vendeuses en raison du fait que lui-même a acheté le carburant moins cher. Or, tel n’est pas le cas », analyse Alain Modo, agent de l’Etat.

Pour les chauffeurs de taxi, cette mesure ne semble pas les émouvoir. « C’est une mesure aux élans de campagne. Elle ne changera en rien notre quotidien. Regardez quand on augmente, le prix du carburant, ce n’est pas une affaire de 20 F cfa, mais de beaucoup d’argent. Souvent même 100 Fcfa.  Mais pourquoi quand on veut baisser, on ne fait pas pareil. C’est simplement pour que ça ne change rien », s’emporte Njifoun Harouna, chauffeur de taxi à Yaoundé. « Notre attente, rappelle un autre taximan, c’est une baisse conséquente, et non cette supercherie. Tant que je ne rentre pas avec un peu plus d’argent le soir, alors je ne peux pas penser qu’il y a un changement. Notre pays achète le pays à l’extérieur. Or, il se vend moins cher, pourquoi alors, il ne baisse pas », s’indigne notre interlocuteur qui promet que si le gouvernement « tente » de baisser le prix du taxi, « nous serons obligés de grever ».

Le Cameroun situé dans le Golfe de Guinée exporte du pétrole brut, et importe sur le marché international.  L’augmentation de ses prix à la pompe est toujours redoutée par le pouvoir de Yaoundé. Sa baisse est vantée par les thuriféraires du régime comme un acte de mansuétude.

© CAMERPOST par Ben Moussa

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