Cameroun : Les kamikazes reviennent dans l’Extrême-Nord

Les kamikazes reviennent dans l'Extrême-Nord | Illustration/DR
Les kamikazes reviennent dans l’Extrême-Nord | Illustration/DR

Un attentat à la bombe a eu lieu très tôt ce dimanche 21 aout 2016 non loin du marché   Mora.

Près de cinq personnes parmi lesquels quatre civils et un kamikaze sont décédées très tôt ce dimanche matin à Mora, la capitale du Mayo Sava après l’attentat suicide survenu non loin du marché de cette localité. Le kamikaze qui était à bord d’une moto a fait exploser sa charge à côté d’un attroupement de personnes.

En plus des personnes décédées, on signale plus d’une vingtaine de blessés dont huit dans un état très critique.  Selon les riverains, le kamikaze s’est fait explosé sur un pont situé à proximité du marché de Mora. Et le bilan de cet attentat devrait s’alourdir, car certaines personnes grièvement blessées et étaient inconscientes quand on les transportait à l’hôpital Quelques heures après l’incident, les forces de défense basées dans la région se sont déployées sur le lieux de l’incident avec l’appui de certains riverains, les secours ont été organisés pour sauver rapidement la vie des blessés. Ces derniers ont été conduits à l’hôpital de Mora et les plus graves selon des informations, évacués à Maroua pour une prise en charge plus adéquates. Une enquête a été ouverte et la sécurité renforcée dans la ville. Les autorités venues s’enquérir de la situation ont invité les populations à plus de calme et de vigilance. Après les mots de condoléances, les corps des victimes identifiés ont été remis à leur famille pour inhumation.

Trois attentats

L’attentat suicide de dimanche matin à Mora survient à un moment où on croyait le Cameroun désormais à l’abri de la secte terroriste et l’ennemi Boko Haram affaibli. Car, depuis plusieurs semaines en dehors de quelques cas d’agressions signalés dans les villages de la région de l’Extrême-Nord, le Cameroun n’avait plus connu d’attentat à la bombe. Ceci grâce aux actions des éléments de la 4ème région militaire créé dans cette partie du Cameroun, à la bravoure des soldats de la Force multinationale mixte (FMM) basée à Mora, de la brigade d’infanterie motorisé (BIM) et au travail de fourmi qu’abattent les différents comités de vigilance basés dans les différents villages de la région. « Cette nouvelle attaque suicide invite les autorités militaires à redoubler de vigilance, car l’ennemi ne dort jamais », commente un confrère de la région du Nord choqué par ce nouvel attentat suicide Située près de la frontière avec le Nigeria, et à 80 km exactement de la ville de Maroua le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, Mora est un véritable carrefour où les commerçants viennent se ravitailler en oignon pour les marchés du Sud du pays et des pays de la sous-région. Avec plus de 60 000 habitants, l’arrondissement de Mora n’est pas à sa première attaque terroriste. La première a eu lieu le dimanche 20 septembre 2015 autour de 7h du matin. Deux kamikazes, de sexe féminin, ont déclenché des engins explosifs causant la mort de cinq personnes dont un policier, deux civils. Le 11 octobre 2015, un autre double attentat suicide survenait dans le village Kangaleri dans la matinée faisant près de 10 morts et blessant grièvement plus de 29 autres.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Hervé Villard Njiélé