Cameroun : Justin Sugar Mills réclame 13 milliards FCFA d’indemnisations à l’Etat – 10/07/2015

Justin Sugar Mills réclame 13 milliards FCFA d'indemnisations à l’Etat du Cameroun | DR
Justin Sugar Mills réclame 13 milliards FCFA d’indemnisations à l’Etat du Cameroun | DR

Les dirigeants de la société de droit indien Justin Sugar Mills ont décidé de saisir les tribunaux compétents pour réclamer à l’Etat camerounais un dédommagement de l’ordre de 13 milliards FCFA, représentant «le préjudice financier direct subi jusqu’à présent, du fait des nombreux actes malveillants hostiles» au projet de création et d’exploitation d’un complexe agro-industriel sucrier dans l’interzone Bertoua-Batouri (Est), a appris APA vendredi auprès de leurs avocats.
Ce rebondissement intervient à la suite de la mesure unilatérale prise par les autorités, et qui résilie l’accord entre les parties au profit du groupe marocain Cosumar, nouvel investisseur dans ledit projet.

Dans une récente correspondance au chef de l’Etat Paul Biya, les responsables de Justin Sugar Mills pointaient en effet un doigt accusateur sur le ministre de l’Industrie, Emmanuel Bondé, présenté comme celui le saboteur en chef du projet agro-industriel.

Ils dénonçaient ainsi une «prise illégale d’intérêts» de ce membre du gouvernement et, documents à l’appui, invoquent une «tentative de spoliation» montée à travers de présumés hommes de main de l’intéressé.

Pour eux l’Etat camerounais s’expose désormais aux sanctions prévues par les conventions bilatérales en matière de protection des investisseurs conclues avec certains autres pays.

Le 26 juin 2014, rappelle-t-on, Emmanuel Bondé avait, dans un communiqué, annoncé que l’abrogation du contrat signé avec Sugar Mills, suite à des «dysfonctionnements» relevés par un cabinet international d’audit dans l’application du protocole d’accord.

Pour ses désormais adversaires, il s’agit plutôt d’une entreprise de manipulation de l’opinion visant à décourager la réalisation de ce projet de développement communautaire et de lutte contre la pauvreté, prévu pour générer 17.500 emplois au Cameroun.

M. Bondé est ainsi vu derrière «un lobby aux intérêts purement personnels», s’évertuant depuis des années à s’accaparer sans succès de cette initiative.

Début avril dernier l’hebdomadaire Repères révélait la tenue récente d’une réunion de crise sur le sujet présidée par le Premier ministre, Philemon Yang, instruit par le chef de l’Etat aux fins de «faire le point» sur la controverse «assorti de propositions adéquates en vue de la bonne fin dudit projet et des modalités de délivrance des lettres de confort aux investisseurs privés».

Cette instruction, constate-t-on aujourd’hui, n’a pas abouti à une suite en faveur de l’investisseur Sugar Mills.

C’est en février 2015 que le ministre de l’Industrie a déclaré Cosumar nouvel adjudicataire du projet d’exploitation du complexe agroindustriel de l’interzone Bertoua-Batouri, au terme d’un appel international à manifestation d’intérêt ouvert le 15 octobre 2014.

© Camer Post avec © APA

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