Cameroun – Justification d’affectations : 360 enseignants convoqués au ministère des enseignements secondaires

Ernest Ngallé Bibehé, Ministre camerounais des enseignements secondaires | DR
Ernest Ngallé Bibehé, Ministre camerounais des enseignements secondaires | DR

C’est une décision d’Ernest Ngallé Bibehé le nouveau patron des enseignements secondaires. Il est question pour ces enseignants convoqués de justifier leurs postes en présentant la décision authentique qui les affectent dans les établissements.

Au ministère des enseignements secondaires à Yaoundé on assiste à une petite révolution. L’arrivée de l’actuel ministre est venue rompre avec les pratiques parfois malsaines qui avaient élu domicile dans ce ministère. Depuis quelques semaines on assiste à un véritable défilé de personnels et autre cadre de cette administration. La dernière actualité en date est la convocation de plus de 300 enseignants appelés à venir justifier leur Titres de mutations et autres actes d’affectations. En clair ils sont nombreux ces enseignants qui ont obtenu de manière frauduleuse une nomination ou une affectation.

De l’avis de Moussa Djafarou directeur des ressources humaine au MINESEC, qui s’est exprimé sur les ondes de la radio nationale camerounaise : « environ 90 pour cent des personnes convoquées ne peuvent pas justifier leur poste. Normalement un acte administratif est archivé et laisse nécessairement des traces. Seulement un faux acte n’est pas archivé c’est pourquoi il ne laisse aucune trace. Dans le cas présent il s’agit de personnes qui ont déserté leur poste dans l’arrière-pays pour venir dans les grandes villes. C’est pourquoi des villes comme Yaoundé et Douala sont saturés d’enseignants et l’arrière-pays est laissé est ainsi vide. Il faut que cela cesse ! Nos enfants ont besoin d’enseignants partout à travers le pays. Nous allons combattre ce phénomène avec la dernière énergie. Il faut décongestionner les grandes villes pour envoyer le personnel dans l’arrière-pays ».

Cette situation vient mettre en lumière les pratiques de fraudes au sein même de ce département ministériel. De telles pratiques ont longtemps été la norme voire la règle dans ce département ministériel ou chaque sollicitations avait un cout connu de tous. Par exemple pour se faire affecter dans une ville, il fallait débourser pas moins de 300.000 Fcfa. Pour une nomination les tarifs étaient tout aussi connus.

C’est sans doute pourquoi il était courant de rencontrer de jeunes cadres à peine sorti de l’école de formation, occuper des postes de responsabilité sans aucune expérience de terrain. Des pratiques qui vont cesser selon Ernest Ngallé Bibéhé qui rappelle que désormais il faudra justifier d’un certain nombre d’année de pratique sur le terrain pour prétendre à une nomination.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER