Cameroun : La justice demande la levée d’interdiction d’Afrique Media

Le Prefet du Wouri dans les locaux d'Afrique Media | © CIN/SY/Archives
Le Prefet du Wouri dans les locaux d’Afrique Media | © CIN/SY/Archives

L’instance de régulation des médias ne compte pas laisser exécuter la main levée des scellés ordonnée mardi, par le Tribunal de première instance de Yaoundé Centre-administratif. C’est un feuilleton dont le dernier épisode semble encore bien éloigné. Le tribunal de première instance de Yaoundé Centre-administratif, siégeant en matière des référés d’heure à heure (procédure d’extrême urgence qui se passe dans le cabinet du président du tribunal), a ordonné mardi, 1er mars, la main levée des scellés sur les portes d’Afrique Média. Mais jusqu’à hier soir, les locaux de la chaîne de télévision panafricaine étaient fermés à Yaoundé. Les scellés en place. Seul signe de vie, le vigile installé à l’entrée de l’immeuble.

Malgré l’ambiance de non-reprise effective, le Conseil national de la communication (CNC), l’instance de régulation des médias ne compte pas lâcher prise. Il prévoit attaquer la décision du Tribunal de première instance. Un appel est en préparation, laisse-t-on entendre de ce côté. C’est donc sûrement reparti pour un avenir plein de rebondissements dans cette affaire Afrique Média. Rencontrée hier à Yaoundé, Rebecca Grâce Bonguemo, présidente du tribunal de première instance n’a pas voulu se prononcer sur la question. Mais sur l’extrait du plumitif de l’audience des référés d’heure à heure et du contentieux de l’exécution du 1er mars dernier, l’on peut lire que l’affaire est intitulée : « Affaire chaîne de télévision Afrique Média, contre le sous-préfet de Yaoundé II, CNC, ministère de la Communication. » Par la suite, il est indiqué : « Nous, juge, statuant publiquement, rejetons la fin de non-recevoir tirée du défaut de capacité de la requérante soulevée par le CNC comme non-fondée ; recevons la requérante en sa demande et en assignation, en intervention forcée contre le ministre de la Communication et l’y disons non-fondée ; ordonnons la main-levée des scellés par tout huissier territorialement compétent ; condamnons le CNC aux dépens ; disons notre ordonnance exécutoire sur minute et avant enregistrement ».

Ce n’est donc pas demain la veille que les deux parties vont fumer le calumet de la paix. On se rappelle que le premier épisode de ce feuilleton s’est produit le 4 juin 2015. Date de suspension pour un mois par le CNC de cette chaîne de télévision pour, « diffusion d’accusations non-justifiées, de nature à porter atteinte à l’image et à l’honneur de personnalités, d’institutions et de pays étrangers », entre autres. Une fois la sanction prononcée, les responsables de ladite chaîne n’ont pas obtempéré. Jusqu’à ce qu’ils saisissent la justice. « Nous sommes allés au tribunal parce que la décision du CNC indiquait qu’à compter du 4 juin, l’entreprise était sanctionnée. Ce qui signifiait que le 4 juillet, la sanction était forclose, qu’elle soit exécutée ou pas. Nous avons saisi le juge de référé, parce qu’on a estimé qu’il y a eu voie de fait. Car les délais de sanctions n’ont pas été respectés»,explique une responsable de la chaîne de télévision.

Source : © Cameroon Tribune

Par Elise ZIEMINE

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Sandrine Tchoumba
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