Cameroun – Journée mondiale de la sage-femme : Une célébration qui sonne comme une interpellation

La célébration de la Journée mondiale de la sage-femme sonne comme une interpellation | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
La célébration de la Journée mondiale de la sage-femme sonne comme une interpellation | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

Jeudi le 5 mai 2016 est dédié à l’un des plus beaux métiers du monde: il s’agit de la Journée Mondiale de la Sage-Femme. Une profession qui comporte multiples facettes et qui perd de sa valeur au fil du temps. L’édition 2016 dudit événement vient donner l’occasion de découvrir ce métier de « donneuse de vie », rendre hommage aux femmes (et aux hommes !) qui le pratiquent et montrer leur importance au sein de la société.

Surtout que la célébration intervient au moment où le Cameroun multiplie des scandales quant à la prise en charge des femmes enceintes dans les hôpitaux. A titre d’illustre la récente affaire de Monique Alvine Koumatekel, cette jeune dame  et ses enfants décédés le 12 mars 2016 des suites de négligence et non prise en charge médicale à l’hôpital Laquintinie de Douala. Ce n’est pas tout. Quelques jours après ce drame, c’est Minette Fomo, enceinte, qui perdait également la vie pour les mêmes causes à l’hôpital de District de Mbanga. CAMERPOST se souvient également de la mort des quintuplés de Nshi Honorine à l’hôpital central de Yaoundé cette même année. Et biensûr sans oublier le cas de la jeune médecin Hélène Ngo Kana en service jusqu’à son décès à l’hôpital gynéco-obstétrique de Douala.

Prise de conscience

Autant d’exemples qui jettent du discrédit sur le métier de sage-femme au Cameroun. Ladite journée interpelle donc les uns et les autres. Ne dit-on pas que donner la vie est une grâce ! Il est question pour les professionnels de cette profession de prendre conscience des missions qui sont les leurs. La sage-femme assure le suivi de la grossesse normale. Son intervention est d’ordre à la fois médical (échographies, surveillance du fœtus, dépistage des facteurs de risques…) et psycho-social (suivi psychologique de la future mère, séances de préparation à l’accouchement). Dans un centre de PMI (protection maternelle et infantile) ou de planification familiale, la sage-femme joue surtout un rôle d’information et de prévention : séances d’information, visites à domicile, sensibilisation aux risques d’accouchement prématuré…

Un sacerdoce

À l’hôpital, la sage-femme assure les accouchements seule dans 70 % des cas. Elle surveille, pas à pas, l’évolution du « travail » jusqu’à la naissance. Si un risque se révèle ou qu’une césarienne est à prévoir, elle fait appel au gynécologue-obstétricien ou au chirurgien. Après la naissance, avec la puéricultrice, elle examine le nouveau-né, contrôle ses réflexes et sa bonne santé. Lorsqu’elle exerce en libéral, au domicile, elle intervient sans la présence d’une équipe médicale : mieux vaut une solide expérience derrière soi. Durant les jours qui suivent, elle surveille le nouveau-né et prodigue les soins nécessaires à la mère. Il y a les suites de couches, la visite post-natale, voire la rééducation post-natale. Au-delà, les sages-femmes sont maintenant autorisées à proposer à toute patiente en bonne santé des consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa