Cameroun – Journée Internationale de la Femme : une pensée pour Maître Lydienne Yen Eyoum – 08/03/2015

Maître Lydienne Yen Eyoum. | Photo d'archives
Maître Lydienne Yen Eyoum. | Photo d’archives

En ce week-end de la Journée Internationale de la Femme, toutes nos pensées vont naturellement à Maître Lydienne Yen Eyoum, séquestrée depuis 5 ans au Cameroun.

Retour sur le destin tragique d’une pépite du barreau camerounais reconnue par ses pairs. Prise dans les griffes d’une machine politico-judiciaire qui ne veut pas la lâcher, Lydienne Yen Eyoum (photo) se bat au quotidien pour obtenir Justice.

La vie de Me Lydienne Yen Eyoum, âgée aujourd’hui de 55 ans, a basculé un certain 8 janvier 2010 au quartier Hippodrome de Yaoundé. Interpellée par des membres d’une unité spéciale de la police camerounaise lourdement armés, brutalement installée dans une camionnette entourée d’hommes en tenue, Lydienne Eyoum commence sa descente aux enfers: garde à vue pendant deux (02) jours, déferrement devant le juge, suivi immédiatement d’une interminable détention provisoire à la prison centrale de sinistre réputation de Kondengui à Yaoundé.

Le cœur du problème? Une somme de 1, 077 milliards de F Cfa, que son client de longue date (l’État du Cameroun) lui reproche d’avoir perçu de façon indue, alors qu’elle avait engagé pour son compte une procédure de contestation des modes de recouvrement des créances dudit État auprès – entre-autres – de la filiale camerounaise de la banque Société Générale, la Société Générale de Banque du Cameroun (SGBC).

Les dés sont jetés…

Lydienne Eyoum dans sa cellule de la prison centrale de Kodengui. | Photo d'archives
Lydienne Eyoum dans sa cellule de la prison centrale de Kodengui. | Photo d’archives

Aujourd’hui, cela fait plus de cinq (05) ans que Me Lydienne Yen Eyoum se trouve privée de liberté pour un prétendu crime de détournement de deniers publics qu’elle n’a pas commis. Mise en détention en 2010 sur une simple lettre de cachet, elle a été condamnée le 25 septembre 2014 à 25 années de prison au terme d’une autre parodie de procès.

Dans cette période tragique que vit Me Lydienne Yen Eyoum, la peine de 25 années de prison n’est pas le fardeau le plus lourd à porter. En effet le quotidien d’une journée à Kodengui – univers carcéral concentrationnaire, malodorant, bruyant, et insalubre – est un marathon de survie au jour le jour. Lydienne doit supporter encore et encore ce supplice dans un état de santé parfois chancelant, dans l’interminable attente d’une éventuelle audience en appel devant la Cour Suprême du Cameroun.

Triste destin, pourrait-on conclure, dans un fatalisme doublé de résignation.

Non, Lydienne doit sortir de cet enfer parce qu’elle est innocente. Juste devrons-nous redoubler d’effort afin qu’elle recouvre son entière liberté, son honneur de citoyenne franco-camerounaise, de femme, épouse et mère bafouée.

Chère Lydienne, cette Journée du 08 mars ne pouvait naturellement qu’être la tienne, avec toutes les autres femmes à travers le monde qui, comme toi, font courageusement face à l’innommable brutalité ou adversité, à l’arbitraire judiciaire, aux sévices en tous genres infligés dans le déshonneur par des hommes aux pouvoirs sans limite.

Nous parviendrons à y mettre définitivement un terme, même au Cameroun. Le plus tôt serait le mieux.

Source : © Mediapart.fr

Par Fabienne Debarge et Joël Didier Engo

Inspiré de l’article de Michel Mbiem Tong

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Roger Sardih Lawan

séquestrée?

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