Cameroun – Journée internationale de la femme : 40.000 femmes ont défilé à Yaoundé – 09/03/2015

Photo d'archives
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La célébration de la Journée internationale de la femme (JIF) a connu la participation de quelque 40.000 défilantes dimanche dans la capitale camerounaise, Yaoundé.

Vêtues pour la plupart du pagne spécial institué voici quelques années, elles brandissaient des pancartes rappelant leurs revendications, leurs droits, leurs combats et dénonçant les multiples discriminations dont elles se disent l’objet.

Le moment le plus émouvant de ce défilé, placé sous la présidence de la ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Marie Thérèse Abena Ondoua, aura été le passage de carrés présentant des messages de soutien aux forces de défense, engagées au front de la lutte contre la secte islamiste nigériane Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

On y a aussi noté la présence de réfugiées centrafricaines fuyant les exactions des groupes rebelles dans leur pays, sans oublier des dizaines d’hommes, parfois des expatriés, qui ont battu le pavé et soulevé des salves d’applaudissements.

Au-delà des manifestations publiques de la JIF 2015, précédées à travers le pays par une semaine d’activités sportives, de débats et autres initiatives socioéconomiques, beaucoup d’observateurs restent d’avis que la condition de la femme camerounaise a peu évolué, 20 ans après la Conférence mondiale des femmes, tenue à Beijing (Chine) en 1995.

Au niveau de la représentation publique, par exemple, elles sont 9 pour un gouvernement de 46 membres, 50 députés sur 180 sièges à l’Assemblée nationale et 21 sur 100 au Sénat.

«On peut affirmer sans ambages que la situation de la Camerounaise a largement évolué», explique la présidente de l’Association camerounaise pour l’éducation de la femme et de l’enfant (ACEFE), Jeanne Meng, qui s’empresse toutefois de reconnaître que la domination masculine dans la société et le poids des habitudes restent des facteurs limitants pour une réelle émancipation de la femme.

Pour la présidente de l’Association nationale des bayam-sellam (ASBY), qui regroupe les revendeuses sur les marchés vivriers, Marie Mbala Biloa, cette émancipation passe obligatoirement par l’autonomie financière.

Dans la même mouvance, la coordinatrice nationale des organisations de la société civile pour le suivi et l’évaluation de la plateforme d’action de Beijing, Delphine Nana Mekounté, regrette le peu d’applicabilité des multiples instruments et textes ratifiés par le Cameroun en faveur de la femme.

Elle dit aussi son espoir que l’avènement du Code de la famille, annoncé depuis des années, viendra combler les manquements de la société camerounaise à l’endroit de la gent féminine.

© CamerPost avec © APA

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