Cameroun – Journée international de la femme : Un défilé sous haute sécurité à Yaoundé

Défilé de femmes sous haute sécurité | Illustration/DR
Défilé de femmes sous haute sécurité | Illustration/DR

C’est sous un imposant cordon de sécurité, avec une psychose d’attentats terroristes, que quelque 70.000 femmes ont défilé mardi à Yaoundé, la capitale camerounaise, à l’occasion de la Journée internationale à elles consacrées, a-t-on constaté sur place.

Il fallait montrer patte blanche rien que pour accéder au lieu de la parade, situé en plein cœur de la ville où des portiques de détection des métaux avaient été installés.

De même, les femmes porteuses de sacs étaient systématiquement éjectées des rangs et ont dû assister à la parade depuis les trottoirs du Boulevard du 20-Mai.

Le 8 mars 2016 intervient en effet alors de sérieuses alertes ont été faites, aussi bien par les hauts responsables de la sécurité que par l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, indiquant la présence présumée de près de 80 kamikazes dans la zone.

L’autre élément notable, à l’occasion de ce défilé, aura été l’absence remarquée de la première dame Chantal Biya aux festivités, elle qui a mis un point d’honneur depuis des années à venir festoyer avec ses congénères.

Représentée par la ministre de la Promotion de la femme et de la famille Marie Thérèse Abena Ondoa, madame Biya et son époux se trouvent actuellement en visite privé en Europe.

S’agissant de la parade de Yaoundé proprement dite, elle a aussi été marquée par une participation massive de la gent masculine, également ponctuée de messages brandis de revendications des droits des femmes et de la fin des assauts terroristes de la secte islamiste Boko Haram dans la partie septentrionale du pays.

L’événement de cette année, précédé par une série de manifestations intellectuelles, sportives et culturelles à travers le pays, était placé sous le thème : «Egalité des sexes et autonomisation des femmes».

Pourtant, selon la présidente de l’Alliance des forces progressistes (AFP, opposition), par ailleurs présidente fondatrice de l’association l’Ecole des femmes africaines (ECOFA), Alice Sadio, malgré leur dévouement à la tâche, les Camerounaises souffrent considérablement des problèmes systémiques tels que la féminisation de la pauvreté et des pandémies telles que le VIH-Sida et la mortalité maternelle.

Au quotidien, elles subissent également de plein fouet la marginalisation économique et l’instrumentalisation politique.

© CAMERPOST avec © APA