Cameroun : John Fru Ndi au Tribunal militaire

Ni John Fru Ndi, le leader du Sdf, le principal parti d’opposition camerounais | Ph. Archives

Le chairman a assisté à l’audience des leaders anglophones. 25 autres présumés manifestants étaient également devant la barre.

L’affaire des trois leaders du consortium de la société civile anglophone dissout a connu deux temps forts lors de l’audience d’hier, 23 mars 2017, au Tribunal militaire de Yaoundé. La première surprise a été l’arrivée de John Fru Ndi, le chairman du Social democratic front (Sdf). Le leader de l’opposition camerounaise et quelques sénateurs du Sdf ont débarqué au Tribunal militaire de Yaoundé vers 13h. Leur arrivée a coïncidé avec la suspension d’audience concédée par la présidente du Tribunal aux avocats des accusés. Ces derniers voulaient se concerter pour peaufiner une stratégie de défense.

John Fru Ndi a été accueilli au pied de son véhicule par Me Bernard Muna, l’un des avocats des leaders anglophones qui l’a conduit dans la salle d’audience. Le chairman est allé présenter ses civilités et ses encouragements à Me Khongho Felix Agbor, au Dr Fontem et à Mancho Bbc qui se trouvaient sur le banc des accusés. Le chairman du Sdf a également échangé avec Kah Walla, la présidente du Cameroon people party (Cpp) et d’autres leaders de la société civile qui se trouvaient à l’audience. Hier, le procès des leaders du consortium de la société civile anglophone a connu un rebondissement.

25 autres personnes interpellées dans le cadre des manifestations dans les régions anglophones ont comparu pour la première fois devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Ces personnes sont accusées entres autre : d’hostilité contre la patrie, dégradation des biens publics, pillage en bande, coaction des actes de terrorisme, financement de terrorisme … Alors que l’assistance s’attendait à ce que les trois leaders du consortium soient invités devant la barre dans le cadre de la deuxième audience, le greffier en chef a décidé d’appeler d’abord l’affaire des 25 nouveaux accusés.

Dans cette nouvelle affaire, le nom de Mancho Bbc déjà mentionné dans le premier procès y figure. Après l’identification des 25 accusés par la présidente du Tribunal, le ministère public a sollicité que le procès des trois leaders anglophones et celui des 25 autres personnes soit lié et devienne une seule et même affaire (jonction de procédures). La raison évoquée par le ministère public est qu’il y a une certaine connectivité entre les faits reprochés entre les trois premiers accusés et les 25 nouveaux.

C’est cet état de chose qui est à l’origine de la suspension sollicitée en début d’audience par les avocats de la défense afin d’accorder leur violon sur la stratégie à adopter face cette nouvelle donnée.

I will never forget my town

A la reprise du procès, les avocats de la défense ont affirmé que la disjonction des procédures ne permettait pas le déroulement d’un procès équitable. Ils ont rappelé à la présidente du Tribunal que le 13 février dernier, lors de la première audience, le ministère public avait obtenu le renvoi de la cause au 23 mars (hier) pour la communication de la liste des témoins et ouverture des débats. « Aujourd’hui nous sommes surpris de voir que 25 autres personnes comparaissent et que le ministère public demande la jonction de procédures alors que nous on attendait que les débats s’ouvrent aujourd’hui », a déclaré Me Ben Muna. L’audience débutée hier  à 11h34 s’est achevée à 15h30.

L’affaire a été renvoyée au 7 avril 2017. A cette date, le Tribunal va se prononcer sur la demande de jonction de procédures introduite par le ministère public et contestée par la défense. Comme lors de la première audience, la salle dédiée à ce procès, au Tribunal militaire de Yaoundé, a fait le plein hier. Les associations de défense des droits de l’Homme, les représentants des services diplomatiques, les hommes politiques, les avocats, les journalistes se sont déplacés en grand nombre.

Les trois leaders anglophones sont apparus serein. L’on a vu Mancho Bbc esquisser les pas de danse à son arrivée comme à son départ du Tribunal militaire de Yaoundé. Il s’est même permis de chanter. Des paroles de la musique qu’il fredonnait, on pouvait écouter tel un refrain : « I will never forget my town ». En français : Je n’oublierai jamais ma ville. Bamenda.

© Source : Le Jour : Prince Nguimbous

Liste des 26 nouveaux accusés

  1. Tsi Conrad,
  2. Tha Emile Agwe,
  3. Tambu Cédric,
  4. Tazmngwa Aselecha
  5. Martin general Ekelengue,
  6. Nkembu Tchgum Anicet,
  7. Kuyase Leonard Sahfon,
  8. Awuh Terence,
  9. Ambe Munji,
  10. Roland Fon,
  11. Levald Brian Suchu,
  12. Dieudonné Nformi,
  13. Mungou Azeh Priesly,
  14. Wandong Enoh Moses,
  15. Guingah Valentine,
  16.  Moforechu Che Jean Pierre,
  17. Awemus Joseph Chefor,
  18. Hilary Yang Donke,
  19. Ndasi Julio,
  20. Yusinki Gerald Tawa,
  21. Pang james Puh,
  22. Awanatuo Zacheus Kwambeh,
  23. Manyaka Gaston Tonde,
  24. Ngueme Eugine Awah,
  25. Dzenga Gha Junio Thomas
  26. Mancho BBC.

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