Cameroun : Issa Tchiroma « rejette catégoriquement » les accusations de rapatriement forcé de réfugiés nigérians

Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de la Communication | © AFP/Pacome

Le gouvernement camerounais a exprimé « sa profonde désapprobation » et élevé « la plus vive protestation », face aux accusations du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) faisant état du rapatriement forcé, depuis début 2016 dans leur pays, de 2600 réfugiés nigérians fuyant les exactions de la secte terroriste Boko Haram.

S’exprimant mercredi soir au cours d’un point de presse tenu à Yaoundé, la capitale du pays, le ministre de la Communication (MINCOM) et porte-parole dudit gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a jugé ces allégations « profondément injustes et inacceptables ».

Selon le HCR, « certains réfugiés, arrêtés lors d’une offensive militaire contre les insurgés de Boko Haram, ont été transportés dans des camions vers un camp de déplacés à Banki. Parmi les personnes renvoyées contre leur gré, se trouvaient un enfant âgé d’un an et une femme enceinte de neuf mois qui a accouché le lendemain de son arrivée à Banki ».

Revenant sur les faits dont il entendait rapporter la réalité, Issa Tchiroma Bakary a affirmé que le 20 mars 2017, fuyant les opérations de l’armée nigériane contre le mouvement jihadiste, 841 ressortissants nigérians se sont retrouvés au Cameroun et ont été recueillis par les forces de sécurité locales et que l’assistance nécessaire leur a été apportée.

« L’état général d’épuisement de ces réfugiés, dont certains étaient blessés par balles, et l’éloignement du camp de Minawao, ont amené les autorités camerounaises, sous la supervision effective du bureau local du HCR et en collaboration avec les autorités nigérianes compétentes, à organiser leur retour sécurisé dans leur pays. »

Poursuivant sa démonstration, le porte-parole a précisé que 905 de ces personnes, dont une soixantaine de réfugiés supplémentaires ayant rejoint les 841 autres, ont été regroupés et acheminés à Banki (Nigeria) où ils ont été confiés aux autorités voisines, le 21 mars 2017 au matin, aucun d’entre eux n’ayant manifesté le désir de rester au Cameroun.

Ces opérations, selon le MINCOM, se sont effectuées conformément aux dispositions de l’accord tripartite signé le 2 mars 2017 en vue du retour volontaire des réfugiés nigérians présents au Cameroun.

Le Cameroun, à en croire les données officielles, abrite actuellement plus de 550.000 réfugiés, provenant principalement de la République centrafricaine, du Nigeria (87.000 personnes) mais aussi d’anciens migrants burundais, tchadiens et rwandais.

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