Cameroun – Issa Tchiroma Baraky : « on va taper Boko Haram dans son sanctuaire »

Issa TCHIROMA, Ministre camerounais de la Communication
Issa TCHIROMA, Ministre camerounais de la Communication | DR

Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a esquissé jeudi dernier au cours d’une conférence de presse dans son département ministériel, le bilan des exactions commises par la secte intégriste Boko Haram au Cameroun entre 2013 et 2015. Le Mincom s’est ensuite prêté au jeu de questions-réponses des confrères, qui n’ont pas manqué de le titiller entre autres sur l’absence toujours relevé du Chef de l’Etat au front, sur l’effort de guerre, la guerre de la communication ou encore les victimes dans le camp des assaillants. Analectes de la réplique de Tchiroma.

Sur l’absence de Paul Biya au front

Le président de la république a décidé que le ministre de la Défense doit être parmi les troupes au front pour célébrer la fête. Le Chef de l’Etat n’a pas le don d’ubiquité. Il ne peut être à la fois et partout. Il ne peut pas être à Yaoundé donner le discours de fin d’année en même temps être au front aussi avec les forces, mobiliser tout le monde. Il n’a pas le don d’ubiquité. C’est pour cette raison que le chef de l’Etat a la possibilité de se démultiplier. Lorsque je parle ici, je n’ai pas le pouvoir, mais je parle en son nom. Donc, ce que nos populations dans l’Extrême-nord en particulier et le septentrion en général doivent savoir, c’est que le Chef de l’Etat a mis à la disposition de nos forces de défense et de sécurité, ce qu’il faut pour que la vie redevienne normale. En plus, rappelez-vous, son objectif, c’est de combattre la pauvreté ou même le recrutement éventuel de Boko Haram de ceux qui sont dans l’oisiveté par le développement. C’est pour ça qu’il a mis en place le plan d’urgence septentrional pour faire face aux problèmes des enfants éventuels candidats de Boko Haram.

Sur le relâchement des contributions à l’effort de guerre

La mobilisation est permanente. Mais, c’est sa manifestation visible que vous ne voyez pas. Mais elle continue. Tous les Camerounais de bonne foi et de bonne volonté qui veulent apporter leurs contributions sont encore libres d’envoyer leurs contributions au front, au gouverneur (de l’Extrême-Nord, Ndlr), pour mettre à la disposition de nos forces de défense et de sécurité. L’engouement est là, sauf qu’il n’a pas pris l’enthousiasme des premiers jours.

Sur le plan d’investissement prioritaire du Grand Nord

J’ai été voir le Minepat (ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, ndlr), mais il m’a dit qu’au lieu de donner des chiffres, que je me prépare à vous (journalistes) prendre pour vous amener surplace voir. Parce que, si je vous dis vous allez douter. Je peux vous sortir ce que je veux ici, alors que c’est le mensonge. Je prends rendez-vous avec vous, même sur les grands chantiers qui sont en construction (Port en eau profonde de Kribi), je prendrais la presse pour voir, afin que vous soyez des témoins oculaires de tout ce que le chef de notre nation dit. Nous irons dans le septentrion, nous irons en particulier dans l’Extrême-Nord, parce que c’est là où les travaux sont visibles.

Sur la prépondérance des attaques de la secte en dépit de la présence de la force multinationale mixte

Reconnaissez une chose : après avoir fait allégeance à Daesh, et s’être engagé à créer un Etat islamique (Ei), l’objectif de Boko Haram était d’amputer une partie de notre territoire. Mais, c’est peine perdue. Il n’y pense plus parce qu’ils sont incapables de livrer à nos forces de défense et sécurité la guerre conventionnelle. Maintenant, ils nous livrent la guerre du faible vers le fort. Mais ça aussi ça va finir, parce qu’on va les taper dans leur sanctuaire. Je suis fier de nos forces, mais je suis aussi fier du Nigéria. Je suis fier du Tchad. C’est sans roulement de tambour que ces forces sont en train de faire des choses. Militairement, Boko Haram est incapable d’occuper une partie de notre territoire. Militairement, comme ils se trouvent dans la forêt de Sambisa, le Nigéria est en train de leur infliger, mais alors, des échos desquels ils ne pourront jamais se relever. Mais, ça ne suffit pas. Il faut les briser parce que nous avons perdu déjà 1100 personnes. Pourquoi ? En quoi est-ce que nous sommes concernés par cette guerre ? Rien du tout ! Nous ne sommes que des victimes. Il se trouve que nous avons une frontière ensemble.

Sur les victimes dans le camp de Boko Haram

Posez la question à Shekau. Quel est l’objectif poursuivi par le Cameroun ? C’est éradiquer Boko Haram. L’objectif poursuivi par le Cameroun, le Tchad, le Nigéria, le Niger, et tous les pays amis, c’est-à-dire la France, la Grande-Bretagne, l’Amérique, c’est d’éliminer le terrorisme de par le monde. Si vous me demandez de dire ce que notre armée a détruit, je dirais que vous voulez dire que le travail n’est pas fini. On n’a pas encore fini le nettoyage.

Sur la guerre de la communication

Cette guerre communicationnelle, il faut l’organiser. Il faut qu’elle monte ne puissance. C’est les instructions du président de la République, on va le faire. Vous dites : Pourquoi maintenant ? Et pourquoi pas maintenant ? Le gouvernement a son agenda. Le timing et le tempo du gouvernement, nous avons estimé que c’est maintenant qu’il sied de porter à votre connaissance. En vérité, il y a en toile de fond une raison. Lorsque des Ong transforment la victime en bourreau, et appellent le monde à être témoin, maintenant nous allons vers le monde. Nous disons au monde, voici ce que nous subissons de tangible. J’ai parlé de 4200 bétails, c’est beaucoup plus que ça qu’on nous a volé. La vie est désorganisée. Comment est-ce que ces Ong vont quantifier ces pertes-là. Maintenant, on donne ces statistiques à destination des réseaux sociaux. Dans nos prisons, nous avons plus de 1 000 prisonniers Boko Haram. Et je vous ai dit qu’un leader de Boko Haram a été arrêté et remis (Djogana Aladji Boukar, de nationalité nigériane). On aurait pu l’abattre. Mais on le remet parce qu’il faut qu’il soit traduit devant les tribunaux. Ces statistiques sont destinées au monde. Il faut que le monde entier sache ce que nous sommes en train de subir.

Source : © La Nouvelle Expression

Propos recueillis par Y.K.

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