Cameroun – Isaac Mpia : « Je pourrai apporter ce que je peux à la Fédération de Lutte olympique »

Isaac Mpia, Promoteur du Grand Prix International de Lutte Olympique | © CAMERPOST/ONE
Isaac Mpia, Promoteur du Grand Prix International de Lutte Olympique | © CAMERPOST/ONE

Le Promoteur du Grand Prix International de Lutte Olympique, Isaac Mpia, s’est confié à CAMERPOST au terme de la compétition du 05 décembre dernier au Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé.

Quel objectif recherchiez-vous en organisant ce tournoi ?

Nous sommes partis du constat que la lutte est en train de mourir au Cameroun et Afrique centrale. Il n’y existe aucune manifestation d’envergure internationale. Avec des amis, des sportifs de la diaspora et des amoureux de la lutte, j’ai décidé d’organiser un événement susceptible de promouvoir la discipline. Il fallait vraiment prendre les choses en main. Moi je dois tout à la lutte. Voir la lutte ainsi en berne fait très mal. Nous donnons aux jeunes une chance d’émerger et d’envisager l’avenir avec sérénité quant au sport. Nous avons formé beaucoup de projets en leur faveur.

Quelles sont les récompenses mises en jeu ?

Nous récompensons le meilleur athlète, le meilleur lutteur, la meilleure équipe, le meilleur dirigeant. L’innovation c’est la prime que nous remettons aux médaillés. Ce sera 100 000 pour le premier, 75 000 pour le second et 50 000 cfa pour le troisième.

Ce tournoi qualifie-t-il à une compétition d’envergure ?

Non ! nous nous sommes entretenus avec le Président de la Fédération internationale. Il nous a promis que ce tournoi rentrerait dans le calendrier de la Fédération internationale au bout de trois éditions. Il aura une dimension nouvelle et qualifiera à terme pour les Jeux Olympiques. Inscrit dans le calendrier africain des qualifications pour les Jeux Olympiques il évitera aux africains de se rendre aux Etats Unis ou en Russie. Cela leur évitera de payer des frais de déplacement exorbitants. Si tous les africains peuvent participer aux éliminatoires, tout le monde peut avoir une chance de se qualifier pour les Jeux Olympiques.

Isaac Mpia Président de la Fédération camerounaise de lutte, cela est-il envisageable ?

Non ! Isaac Mpia n’est pas intéressé. Isaac Mpia va peut-être intégrer le bureau de la Fédération camerounaise de Lutte après les prochaines élections. Pour mieux aider ma famille de la Lutte il faut que je fasse partie du dispositif. Ainsi je pourrai apporter ce que je peux apporter. La Présidence ne m’intéresse pas vu que je vis loin en France. Ce sont d’ailleurs les lutteurs camerounais qui décideront après tout. Si toute la famille de la lutte continue d’insister je vais intégrer le Bureau de la Fédération.

Je dispose de beaucoup d’amis en France et dans le monde entier. Je pourrais faire de la Fédération de lutte la première au Cameroun, pour ce qui est des sports de combat. Nous avons un problème de management. Les choses ne se déroulent pas comme prévu. Il faut tout restructurer. La lutte a vraiment perdu son lustre d’antan. Les médailles que ces enfants remportent au niveau international sont le fruit du travail passé. Ils ne sont pas imputables à l’équipe actuelle. Une restructuration doit être faite. Soyez certains d’une chose, tous les lutteurs sont derrière moi. Ils n’arrêtent pas de me remercier. Personne avant moi n’avait pris une telle initiative. Ce n’est pas qu’une affaire d’argent, même s’il est vrai que j’en ai mis beaucoup.

Que devient Isaac Mpia ?

Je suis l’Entraineur des diables rouges du Congo. Je suis sous contrat avec le Congo jusqu’aux Jeux Olympiques.  J’ai accompagné les lutteurs congolais aux derniers Jeux africains. Nous y avons remporté trois médailles de bronze. Nous attendons le tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques. J’ai l’obligation de qualifier le Congo pour les Jeux Olympiques.  Auparavant je devais aider le Congo à avoir une participation honorable aux Jeux africains. La mission a été remplie maintenant nous poursuivons notre chemin.

Isaac Mpia ne souhaite-t-il pas conduire la sélection camerounaise ?

Ce n’est pas à moi d’en décider. Nul n’est prophète chez soi. Moi j’avance. Je n’appartiens pas au Cameroun mais à l’Afrique. Je suis un bantou. Quand l’on me sollicite pour les intérêts de la lutte ou pour l’honneur de l’Afrique je me mets en marche. Ce n’est pas parce que je n’entraine pas le Cameroun que je n’aide pas mon pays de naissance. Quand je croise des camerounais sur la scène internationale j’essaie toujours de leur apporter un plus. Je n’ai aucun problème de ce côté. Je fais juste mon travail.

© CAMERPOST – Propos recueillis par Olivier Ndema Epo