Cameroun – Investissement : les sept niches à saisir – 12/03/2015

Centre-ville de Yaoundé, capitale du Cameroun. Getty Images/ Tim E White
Centre-ville de Yaoundé, capitale du Cameroun. Getty Images/ Tim E White

À 5,1 %, les prévisions de croissance de 2015 pour le Cameroun donnent à penser qu’il y a des opportunités à saisir. Revue de quelques filons porteurs.

En préambule, il y a lieu de noter la signature par le président Biya de l’ordonnance du 6 février dernier. Celle-ci habilite le gouvernement à recourir à des émissions de titres publics, notamment les obligations de Trésor, pour des besoins de financement de projets de développement, pour un montant maximum de 900 milliards de francs CFA. Les pistes :

Téléphone : le boom des abonnés !

En 2014, en dehors des chiffres de la Cameroon Telecommunications (Camtel), le pays comptait 16 595 000 abonnés à la téléphonie mobile. Alors qu’en 2011, 10 millions d’abonnés seulement avaient accès au mobile, il y a eu une hausse de 6 millions en trois ans. En tête de peloton : MTN, qui affiche une croissance extraordinaire de sa base clientèle à 2 chiffres (10,9 %), soit 9 658 000 abonnés au 4Q14. En plus de Nexttel, la 3G est en passe de se généraliser : Camtel, avec sa nouvelle licence du mobile, Orange qui comptait en décembre 2014 6,237 millions d’abonnés contre 6,036 millions en 2013. D’ici décembre 2015, le secteur de la téléphonie mobile va exploser en termes de chiffres d’affaires en atteignant les 1 000 milliards compte tenu des équipementiers (installation des équipements 3G) et des terminaux.

Transfert d’argent : un secteur très dynamique

Dans ce secteur, le “Mobile Money” a le vent en poupe ! Ceci grâce à la forte pénétration du téléphone mobile qui avoisine plus de trois millions d’abonnés sur le territoire national. Un chiffre qui équivaut à 15 % de pénétration du mobile et un nombre quotidiennement croissant d’abonnés au téléphone cellulaire. Tout comme le téléphone, le transfert d’argent est entré dans les us et coutumes des Camerounais. En échanges économiques, il est devenu un marché de niche !

Brasseries : concurrence accrue

Sur ce terrain, trois acteurs se disputent déjà le marché : SABC, Guiness Cameroon et Union camerounaise des brasseries (UCB). Annoncée avant décembre 2016, l’arrivée de BRASAF, qui compte investir près de 30,5 milliards de francs CFA et employer près de 1 000 personnes ! Avec l’entrée inattendue de Source du pays, le segment des boissons gazeuses va enregistrer une concurrence plus ardue. En début d’année 2015, les prix des boissons ont connu une augmentation : ainsi, des boissons alcoolisées de 65 et 33 centilitres ont enregistré un renchérissement de 75 et 35,5 francs CFA. Pour les vins spiritueux, on observe une hausse de prix de 100 à 4 000 francs CFA. À noter : la société marocaine Cosumar vient de miser 60 milliards de francs CFA pour la construction d’un complexe agro-industriel.

Agriculture : le dernier rempart d’une jeunesse désœuvrée !

En 2015, l’agriculture bénéficiera des actions qui permettent d’encadrer les acteurs et d’intensifier les programmes de semences améliorées, d’engrais et d’équipements agricoles, pastoraux et halieutiques en fonction des zones agroécologiques. Au Cameroun, l’agriculture est le seul maillon essentiel dans la diversification de l’économie et de l’emploi des jeunes désœuvrés.

BTP : l’émergence en construction

La “Tourel”, un immeuble de 41 étages pour un coût de 65 milliards de francs CFA verra le jour en 2015. Sa construction va générer près de 1 770 emplois directs et 2 000 indirects. La société African Pool Construction œuvrant dans l’industrie des matériaux de construction se propose d’investir 8,2 milliards de francs CFA et de recruter 480 personnes. L’activité économique en 2015 sera tirée notamment par la mise en service de nouvelle cimenterie, dont Dangote Cement, la poursuite des travaux du complexe industrialo-portuaire de Kribi, la construction des barrages de Memve’ele et de Lom Pangar.

Hydrocarbures : malgré la chute du cours du pétrole…

La libéralisation du secteur pétrolier en 2000 a donné lieu à l’ouverture de plus de 15 entreprises locales. Après l’arrivée de Green Oil, d’autres structures sont annoncées d’ici décembre pour tenter de rééquilibrer des revenus réels face à la chute du cours du pétrole brut.

 

Télévision numérique : en attendant le 17 juin 2015

Le secteur de la télévision numérique pourrait générer environ 60 milliards de francs CFA supplémentaires avec près de 4 millions de foyers qui devraient acquérir de nouveaux emplois. La Cameroon Digital Television est chargée de gérer le passage de la télévision de l’analogique au numérique. La mutation devait s’opérer le 17 juin 2015 à minuit, mais la CDT va pouvoir bénéficier du délai rallongé par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Source : © Le Point.fr

Par Nestor Nga Etoga

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