Cameroun – Interview Gaston KELMAN: « La promotion du livre commence en famille»

L’écrivain camerounais s’exprime sur le premier Salon du livre organisé au Cameroun.

Camerpost : Organiser un Salon du livre au Cameroun est-il la preuve comme certains le pensent, que le livre camerounais est en crise ?

Gaston KELMAN
Gaston KELMAN

Gaston KELMAN : pas du tout ! le Salon du livre n’est pas une œuvre de charité. C’est une œuvre qui suit une évolution. Il ne créée pas le livre, mais vient plutôt en appui au livre. Le Salon intervient après la création du livre. Nous vivons un moment fort de la culture camerounaise. Le premier Salon camerounais du livre est aussi l’un des premiers en Afrique noire. La Côte d’Ivoire en a déjà un. Les stands ont été pris d’assaut à Yaoundé. La veille du lancement (ndlr : 4 décembre 2013) l’on attribuait encore des stands à plusieurs nouveaux exposants. Il y a un engouement réel pour ce Salon du livre.

Camerpost : que recherche-t-on exactement en créant ce Salon du livre ?

Gaston KELMAN : Le Salon du livre est une vitrine pour les métiers du livre. L’on en sait désormais un peu plus sur l’édition et la diffusion d’un ouvrage. L’on sait qui est le libraire, et quel est le rôle du diffuseur. L’idée était de les exposer au public. L’ambition de tous les Salons du livre dans le monde entier est que les professionnels du livre soient connus. Il est vrai aussi que bon nombre de personnes n’achètent des livres que dans les Salons.

Camerpost : Outre ce Salon, que peut-on faire de plus pour que le livre camerounais soit mieux vendu ?

Gaston KELMAN : Aucune action n’en exclut une autre. Honnêtement l’une des plus porteuses est le marché, la foire, l’exposition, le Salon. Toutefois la promotion du livre commence à la maison avec le père qui est le chef de la famille. Il doit amener les enfants à lire. Les médias doivent prendre le relais en organisant de temps en temps un forum de la lecture et de la littérature. Les rôles des uns et des autres sont bien définis. Le Ministère de la Culture joue déjà sa partition.  Je le redis, tout part de la famille. Les enfants de l’instituteur ont très souvent  de grandes connaissances en littérature. Ce n’est pas un fantasme, mais la réalité. Cela est du au fait que le parent a toujours un livre par devers lui. L’enfant s’instruit grace à ses parents. Les premiers modèles de l’enfant sont son père et sa mère. Celui qui a eu de la lecture fera immanquablement de la lecture.

Camerpost : La présence dans nos programmes scolaires de livres venus d’ailleurs, n’est-il pas un frein à l’évolution du livre camerounais ?

Gaston KELMAN : Il faut faire la part des choses. Nous avons suffisamment de produits locaux pour pouvoir remplir nos programmes scolaires. Je pense toutefois que nous devons savoir ce que les autres écrivent, pour nous cultiver et évoluer. Cela ne me plairait pas que l’on écarte les productions de Karl MARX par exemple, qui évoque une forme plus sociale de l’économie. L’on en a besoin pour comprendre certains phénomènes et concepts. L’on pourrait peut-être privilégier les auteurs camerounais, sans écarter totalement les productions venues d’ailleurs.

© camerpost.com: Propos recueillis par Olivier NDEMA EPO

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