Cameroun – Interdiction du whisky en sachet : Pourquoi la résistance

L'interdiction du whisky en sachet fait de la résistance | © CT
L’interdiction du whisky en sachet fait de la résistance | © CT

Au terme des deux ans de sursis accordés aux producteurs pour écouler leurs stocks et se convertir, la commercialisation se poursuit. Hélas !

Passé le 12 septembre 2016, on devrait être à dire : exit le whisky en sachet et en bidon au Cameroun. Mais, manifestement, il faudra encore attendre. Car, au terme d’une concertation hier à Yaoundé, tenue à huis clos, entre des membres du gouvernement et les producteurs de la filière, l’on ne retient rien de précis. Sinon que : « les recommandations issues de ces échanges seront adressées aux services du Premier ministre, chef du gouvernement, pour suite à donner. Nous autres, n’avons pas qualité pour en dire plus », a expliqué à la presse Ernest Gbwaboubou, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT). Il est pourtant l’initiateur de la concertation d’hier, tenue en présence de ses collègues en charge du commerce et de la santé publique. « D’ici à ce que le PM réagisse à vos recommandations, est-ce que le commerce de whisky en sachet se poursuit ? », question de journaliste. Réponse du MINMIDT : « Nous avons déjà dit ce que nous avions à dire pour le moment …».

L’on se souvient pourtant que le 12 septembre 2014, trois membres du gouvernement, notamment l’ex-MINMIDT, Emmanuel Bonde et les actuels ministres en charge du commerce et de la santé publique, se sont réunis autour d’une table et ont signé un arrêté conjoint, interdisant la production de cette liqueur à fort degré d’alcool (au moins 45°) et conditionnée dans des emballages plastiques. Ce même jour, dans le souci de sauvegarder les entreprises productrices (puisqu’elles sont génératrices d’emplois, d’impôts et autres richesses pour l’économie), le gouvernement leur a accordé un moratoire de deux ans, pour écouler les stocks de produits finis et réorienter leurs activités. Rendu à la date-butoir du 12 septembre 2016, les sachets de whisky de marques « Kitoko », « Lion d’or », « King Arthur », « Fighter », « Baylise », etc. se vendent toujours aussi bien, partout et davantage chez des marchands ambulants. Pire, ce concentré d’éthanol semble faire le bonheur de nombreux consommateurs, qui se réjouissent de son accessibilité (100 F et 50F le sachet) et ignorent ou minimisent les conséquences néfastes sur la santé.

En effet, ces sachets qui ont une contenance d’au moins 5cl et un fort taux d’alcool sont consommés de façon abusive au Cameroun, notamment chez les jeunes et en milieu rural. Et ce sont les ravages sur la santé des populations qui avaient conduit le gouvernement à stopper sa production. Car, depuis des lustres, les professionnels de la santé s’accordent à dire qu’il s’agit d’un danger réduisant la capacité physique et pouvant conduire à des attaques cardiaques ; des cirrhoses de foie ; des troubles nerveux et souvent, la folie…

Source : © Cameroon Tribune

Par Félicité BAHANE N.

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