Cameroun : Intégrer les réfugiés pour contrer Boko Haram

Intégrer les réfugiés pour contrer Boko Haram au Cameroun | © RFI/OR/Illustration
Intégrer les réfugiés pour contrer Boko Haram au Cameroun | © RFI/OR/Illustration

Les exactions de Boko Haram ont notamment causé un afflux de réfugiés et de personnes déplacées internes vers les grandes villes de la région de l’extrême-nord du Cameroun.

Les exactions de Boko Haram ont notamment causé un afflux de réfugiés et de personnes déplacées internes vers les grandes villes de la région de l’extrême-nord du Cameroun. Ces villes n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à ce flot de personnes, ce qui renforce des conditions de vie qui viennent augmenter l’adhésion à Boko Haram. Les villes de l’Extrême-Nord ont là une opportunité d’utiliser leur capacité à créer des groupes informels pour aider à l’intégration, mais aussi d’être à l’avant-garde de la prévention contre l’extrémisme violent en impliquant le secteur de l’aide humanitaire et du développement dans leur entreprise.

Si l’on parle peu de l’effet de Boko Haram sur l’Extrême-Nord du Cameroun, on parle encore moins de l’afflux de réfugiés du Nigéria qui traversent quotidiennement la frontière ou du nombre de déplacés internes qu’a engendré l’arrivée de Boko Haram sur le territoire camerounais. D’après l’Organisation Internationale pour les Migrations, en juillet 2016 l’Extrême-Nord comptait 14 871 réfugiés non déclarés venus du Nigéria fuyant les actions violentes de Boko Haram. De plus, environ 139 000 personnes ont été contraintes à se déplacer à l’intérieur du territoire après que Boko Haram a pillé et brûlé des villages entiers. Les villageois de l’Extrême-Nord ont été obligés de laisser derrière eux tous leurs biens et de se réfugier dans les villes les plus proches pour échapper aux exactions du groupe armé.

Cet afflux de personnes a dépassé les capacités d’accueil des grandes villes du Nord. Si elles peuvent donner plus de sécurité que les villages, l’appauvrissement qu’a conduit la fermeture des frontières et des échanges commerciaux avec le Nigéria les empêche cependant de subvenir aux besoins vitaux de leurs habitants. Les villes peinent à pallier l’insécurité grandissante et la suspicion croissante des habitants envers les réfugiés et personnes déplacées.

Les ONG et organisations internationales qui se mobilisent sur le terrain viennent surtout apporter leur aide aux réfugiés Nigérians. Mais ce sont les déplacés internes qui sont encore plus touchés par la précarité : n’ayant pas le statut de réfugié, ils ne sont pas qualifiés pour bénéficier de cette aide. La majorité est jeune et traumatisée par la violence et les horreurs des actions de Boko Haram. Ils nécessitent une structure d’accueil, non pas de se sentir en marge de la société.

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