Cameroun – Insécurité dans la région de l’Adamaoua : Des preneurs d’otages sévissent à Wamé

Des preneurs d’otages sévissent à Wamé | Illustration/DR
Des preneurs d’otages sévissent à Wamé | Illustration/DR

Le 15 février 2016, des personnes armées entrent en soirée dans la localité de Wamé, arrondissement de Ngan Ha, département de la Vina. Le bilan exact n’est pas encore connu. Mais des sources disent qu’ils ont procédé aux enlèvements. Mais pas seulement. Ils ont lâchement tué par balle, un père de famille, le nommé Alhadji Iya.

Ce n’est pas la première fois que ces hors la loi sèment la terreur dans cet arrondissement. Ils ont régulièrement procédé aux enlèvements, avec demandes des rançons. Cette insécurité sans précédent dans cette partie du Cameroun a contraint  certains villageois à abandonner leur domicile pour rejoindre les villages. « J’ai été obligé de ramener toute ma fille à Mbang Mboum à cause des menaces d’enlèvements.  Il est arrivé des moments où mon fils et moi dormions dans les bosquets pour se mettre à l’abri de ces preneurs d’otages qui ciblent les domiciles. Et selon mes informations, j’étais dans leurs viseurs », témoigne Saibou, un éleveur.

Seulement, si le phénomène est monnaie courante depuis 2013 dans la région de l’Adamaoua, l’audace de ces preneurs d’otages à attaquer un village comme Wamé est une nouvelle donne à prendre au sérieux. Jusque-là, ils se contentaient d’attaquer les domiciles isolés entre deux villages. Les lieux à forte concentration humaine état jusque-là épargnés.  Mais là, ils viennent de prouver qu’ils ont désormais les épaules lourdes pour perpétrer  un tel forfait.

Les autorités administratives et militaires doivent accélérer les mesures prises récemment tel que le déploiement des hélicoptères pour surveiller la zone. Si non, l’on se dirige droit vers une catastrophe dans cette région pourtant prospère. Les villages se vident, l’élevage  ne fait plus parce que les bergers sont obligés de fuir les bergeries de peur d’être pris en otage. Les agriculteurs ne peuvent plus aller aux champs. Plus grave, leurs récoltes sont souvent pillées et volées par ces bandits. Or, les deux activités constituent les principales sources de revenus pour les populations.

Les prises d’otages dans l’Adamaoua comme un cancer ont commencé dans l’arrondissement de Belel, frontalier avec la Rca, un Etat en  déliquescence.  Puis, le phénomène s’est métastasé dans les arrondissements de Nyambaka,  Martap, Ngaoundéré 3éme, Ngan ha. Les départements de Mberé, de Djerem, de Faro Et Deo sont aussi atteints.

© CAMERPOST par Ousmane Biri