Cameroun – Insécurité à Kribi : des militaires accusés de braquage

Des militaires ont été accusé de braquage | Photo d'illustration
Des militaires ont été accusé de braquage | Photo d’illustration

Mis aux arrêts jeudi dernier, ils attendent d’être déférés au tribunal militaire.

La scène se déroule dans la nuit de mercredi dernier à Afan Mabé, un quartier populeux de la cité balnéaire de Kribi. Il était environ 2h du matin, lorsque M. Fopa, commerçant, rentre à son domicile comme de coutume après sa journée de travail. Au bruit du portail, sa femme se précipite pour lui céder passage. Elle sera tenue en respect par deux hommes en tenue militaire avec des armes de guerre en bandoulière. « Ils avaient des cagoules à l’uniforme des militaires avec des rangers aux pieds ; ils avaient un couteau pointé sur le flanc de mon mari ; j’ai subitement crié au secours ! ». Raconte-t-elle. Le cri strident de détresse qui brise aussitôt le calme de la nuit alerte les populations qui accourent. Les agresseurs ont juste le temps d’arracher le sac au dos du pauvre commerçant ; dans leur précipitation, ils oublient une moto garée, un sac estampillé « BIR », une bague. Dans le sac emporté, point de butin. Juste les pièces officielles de l’infortuné.

Les populations saisissent le commissariat central de Kribi, et une patrouille arrive au petit matin, inspecte les lieux et récolte les objets retrouvés sur la scène du braquage. Un jour plus tard, un civil se pointe au commissariat pour réclamer « sa moto » ; il sera retenu par les enquêteurs. Quelques heures après, un militaire de la base navale de Kribi arrive pour intervention sur le cas du civil et négocier sa libération. Il est lui aussi retenu par l’enquête sur haute instruction du commissaire central, Raymon Mman. Celui-ci passe aux aveux et dévoile son compagnon qui sera aussitôt extrait de la caserne. Il s’agit des matelots Thomas Bopda et Tchokote, ainsi que de deux civils. Ces derniers seront mis en cellule au commissariat central, pendant que les militaires sont conduits dans les cellules de la brigade territoriale de gendarmerie de Kribi pour être tous déférées ce lundi.

En Septembre dernier, deux gendarmes de l’escadron 74 ont été déférés au tribunal militaire d’Ebolowa pour cambriolage à l’hôtel des finances de Kribi. Plusieurs autres hommes en tenue sont soupçonnés d’actes de banditisme et de consommation de stupéfiants. Cette situation installe plutôt un climat de peur dans la cité où la présence des hommes en tenue effraye plus qu’elle ne rassure le citoyen.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Joseph Abena Abena