Cameroun – Infrastructures ferroviaires : Des trésors dans les rails

La construction et l’exploitation des infrastructures ferroviaires ont un boulevard d’opportunités | Illustration/DR
La construction et l’exploitation des infrastructures ferroviaires ont un boulevard d’opportunités | Illustration/DR

Les entreprises spécialisées dans les études, la construction et l’exploitation des infrastructures ferroviaires ont un boulevard d’opportunités à saisir au Cameroun.

Car elles arrivent au moment où presque tout est à construire. En effet, bien qu’opérationnel depuis avril 1911, le chemin de fer a, à peine, tissé sa toile dans le pays. Il est à voie étroite (1 000 mm d’écartement) et s’étend seulement entre Douala-Kumba (ligne ouest, environ 100 km) et Douala-Ngaoundéré (Transcam I et II, 885 km). Sa densité, sur un territoire de 475 440 km², est de seulement 2,32 km pour 1 000 km², soit 1/25 de celle de l’Europe, qui est de 60 km. Aujourd’hui, les investissements sur le réseau ferroviaire se limitent à la réhabilitation de certains tronçons, empêchant ainsi au chemin de fer de jouer pleinement son rôle.

Selon les experts, même si tout le réseau actuel devait être rénové, sa vitesse et sa capacité de transport seraient limitées à cause de l’étroitesse des rails. Ce réseau serait, en outre, incapable de satisfaire la demande croissante de transport des marchandises et des personnes, dans une économie en croissance lancée vers l’émergence. Dans ces conditions, les activités logistiques et industrielles inter-régionales peinent à décoller et l’économie ne se développe guère comme il se devrait, en raison du mauvais état des moyens de transport de masse des produits pondéreux. D’où la pertinence du Plan-directeur ferroviaire national dont le Cameroun s’est doté en 2012. Ce plan est avant tout un outil de planification qui sert de boussole aux investissements dans ce secteur stratégique. Dans un pays riche en ressources naturelles, l’enjeu est de construire un réseau ferroviaire allant du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, afin d’améliorer l’accessibilité du chemin de fer en bâtissant un réseau inter-régional destiné à effacer les déséquilibres entre les régions et promouvoir le développement des zones moins avancées.

Bien plus, sur le plan international, il est question de se connecter aux pays voisins, dans l’optique de s’assurer un avantage concurrentiel en tant que plaque tournante de l’Afrique centrale en matière de transport et de logistique. Dans cette perspective, le développement de nouvelles voies modernes est envisagé conformément au plan-directeur, dans le cadre de partenariats entre le public et des investisseurs privés, pour les itinéraires prioritaires reliant les ports et les zones de production industrielles et minières. Trois séquences de déploiement ont été retenues : à court, moyen et long termes. Puis, la classification des lignes dans chaque séquence est fonction des résultats de l’analyse de la demande. C’est ainsi qu’on retrouve dans le court terme, des lignes telles que Edéa-Lolabe (port en eau profonde de Kribi) ; Mbalam-Lolabe, Douala-Limbe ; Ngaoundéré-Douala. A moyen terme, est envisagée la construction des lignes Douala-Wum ; Mbanga-Kumba ; Ngaoundéré-Kousséri, Bertoua-Gamboula, etc. Enfin, à long terme, les lignes Guider-Dourbeye ; Bafoussam-Ekok ; Obala-Bandjoun ; Tiko-Mundemba ; Foumban-Nkambe, etc. Faisant le point, le directeur général des études techniques au ministère des Travaux publics, Guy Daniel Abouna Zoa, affirme que de nombreuses études sont en cours dans la perspective d’étendre le réseau d’infrastructures ferroviaires en double voies et écartement standard (1,435 mètre). Il y a donc en cours, les études de faisabilité du tronçon de chemin de fer Edéa-Kribi (environ 136 km) pour un délai de 12 mois ; Douala-Limbé (environ 70 km) pour un délai de 12 mois ; Douala-Yaoundé-Bertoua-Ngaoundéré (environ 900 km) pour un délai de 24 mois ; et le montage institutionnel relatif au tronçon Ngaoundéré-N’Djamena (environ 700 km). Pour tous ces tronçons, le financement, la construction et l’exploitation sont envisagés suivant les procédures du partenariat public-privé (PPP).

Dans l’ensemble, le coût total des projets de court terme comprenant les études, la construction, les équipements y compris les fournitures des wagons, les incidences d’exploitation et la maintenance, a été évalué à 8 400 milliards de F CFA, TTC, soit environ 5450 milliards F CFA, TTC pour le volet-construction de 1700 km de lignes à deux voies, tandis que pour les projets à moyen terme, cette estimation est de l’ordre de 6 500 milliards de F CFA, TTC, soit environ 4040 milliards pour le volet-construction de 1550 km de lignes à deux voies. A chaque investisseur de choisir le lot qui l’intéresse.

Source : © Cameroon Tribune

Par Rousseau-Joël FOUTE