Cameroun : les évêques dénoncent «un meurtre de plus, et un de trop» d’un prélat

Cameroun : les évêques dénoncent «un meurtre de plus, et un de trop» d’un prélat

La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) a dénoncé «un meurtre de plus, et un de trop» au lendemain de la disparition mystérieuse de l’évêque de Bafia (Centre), Jean Marie Benoît Bala, dont le corps sans vie a été repêché des eaux du fleuve Sanaga le 2 juin dernier.

Excluant la thèse du suicide, elle exige, dans un communiqué publié mardi soir, «que la lumière soit faite sur l’assassinat» et ses mobiles.

Mettant en avant «le sentiment que le clergé au Cameroun est particulièrement persécuté par des forces obscures et diaboliques», les évêques catholiques, qui attendent en outre les conclusions officielles de l’enquête, affirment que leur collègue «ne s’est pas suicidé ; il a été brutalement assassiné».

«Nous avons le triste souvenir de plusieurs autres prélats, membres du clergé et personnes consacrées qui ont été assassinés dans les conditions non élucidées jusqu’à ce jour», écrivent-ils, exigeant que les coupables soient nommément identifiés et livrés à la justice afin qu’ils soient jugés selon la loi.

A l’Etat, la CENC demande qu’il assume son devoir régalien de protection des vies humaines, et notamment celle des autorités ecclésiastiques.

Aux meurtriers, les évêques prient pour eux et leur demandent de s’engager dans une démarche de conversion urgente et radicale.

Quant aux hommes de médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux, le clergé demande de renoncer à la diffamation, aux mensonges, aux calomnies, leur recommandant le respect de la dignité de la personne humaine, de la vérité, de la pudeur et du discernement dans le traitement de certaines informations.

Jean Marie Benoît Bala, selon des proches collaborateurs qui affirment lui avoir ouvert le portail, était sorti de l’évêché de Bafia le 30 mai 2017 au volant de sa voiture.

Le lendemain, ledit véhicule sera retrouvé sur le pont de la Sanaga situé à une centaine de kilomètres de la capitale Yaoundé, avec sur le siège avant-droit de la voiture, à côté de sa carte d’identité nationale et d’autres pièces personnelles, un message manuscrit : «Je suis dans l’eau.»

Les recherches, menées aussi bien par les sapeurs-pompiers que des civils, permettront à un pêcheur de retrouver son corps à quelques kilomètres de l’ouvrage.

Selon des indiscrétions, relayées par des journaux à capitaux privés et provenant des premiers résultats de l’autopsie, sa dépouille présentait des mutilations alors que ses poumons n’étaient pas remplis d’eau, preuve selon eux que l’évêque a été torturé, assassiné avant d’être précipité dans le fleuve.

© CAMERPOST avec APA

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