Cameroun – Incompréhension : la MINUSCA honorée… les captifs de Bakassi ignorés

La MINUSCA honorée… les captifs de Bakassi ignorés | Sources : État-major des armées / Droits : Ministère de la Défense / Illustration
La MINUSCA honorée… les captifs de Bakassi ignorés | Sources : État-major des armées / Droits : Ministère de la Défense / Illustration

Ce qui frustre davantage les anciens détenus de guerre de Bakassi est le traitement favorable réservé aux Camerounais ayant participé à la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

La participation du contingent camerounais à la Minusca vient de connaître deux mesures fortes. Par décision du Chef de l’Etat, chef des armées, la prime mensuelle par mois et par homme passe désormais de 250 000 F à 450 000 F. Une disposition qui s’applique sur le troisième contingent qui sera déployé au cours de ce mois d’août. Et qui a également un effet rétroactif sur les deux derniers contingents qui bénéficient eux aussi de cette augmentation. La seconde mesure stipule que tout militaire ou policier faisant partie du contingent s’engage désormais à participer à la mission sur la base d’un contrat individuel. Le document précise les droits et les devoirs de l’engagé. Les deux décisions du Président de la République ont été communiquées le 21 juillet 2016 par le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo. De plus, on apprend qu’il sera désormais organisé une prise d’arme solennelle dans la Cour d’honneur du Quartier général au départ et au retour d’un contingent.

Fort de ces mots, des observateurs se demandent pourquoi ne pas réserver le même traitement mérité qui plus est à ces prisonniers de guerre qui ont combattu à Bakassi. Et qui ont été emprisonnés pendant trois ans et demi dans des circonstances abjectes. Une période durant laquelle, « nous n’avions pas les nouvelles du pays, puisque le feu général Abatcha qui était Président de la République du Nigéria à l’époque, avait refusé toute communication avec la Croix rouge internationale qui pouvait nous aider. Il avait refusé tout contact, que ce soit de l’Etat ou de nos familles », relatent les concernés. Ils continuent dans le récit de leur captivité : « sur le champ des affrontements, nous étions dans les postes avancés. Nous étions abandonnés à nous-mêmes. En continuant de combattre, on savait qu’il y a des appuis derrière. On a donc essayé de fuir les bombardements des Nigérians, ils ont récupéré nos positions, nous sommes partis faire six jours dans le matanda (marécages), croyant que le renfort allait arriver, mais rien ».

C’est de là qu’ils sont sortis pour se livrer à l’ennemi. « Les Nigérians nous ont amené au Pc, attaché les yeux pour nous passer aux armes. Malheureusement, il y avait un colonel qui est venu leur dire (ceux-ci, ayant déjà passé six jours en brousse, vous ne pouvez plus les tuer ; c’est mieux de faire d’eux des prisonniers de guerre) », se souviennent ces hommes en tenue. Et que dire des tortures, décharges électriques sur leurs sexes, bastonnades, consommation du tapioca non contrôlé, sauce des feuilles de gombo faite uniquement de l’eau et des crevettes, riz charançonné avec les selles de souris. « Rien que pour cela, nous méritons les mêmes honneurs que la Minusca », s’exclament ces braves combattants.

Source : © La Nouvelle Expression

Par L.M.

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz