Cameroun – Huiles végétales : Les producteurs locaux face à la concurrence déloyale – 09/04/2015

 

L’association des raffineurs des oléagineux du Cameroun(Asroc), dénonce les importations massives et non contrôlées des huiles végétales raffinées.

L’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc), est décidément sur tous les fronts. Après l’affaire de l’huile Jadida qui a fait grand bruit, elle doit désormais faire face aux importations massives des huiles végétales autorisées par la direction générale des Douanes. Jacquis Kemleu Tchabgou, le secrétaire général de l’Asroc qui condamne cette pratique mafieuse, indique qu’il s’agit là ni plus ni moins, d’une violation de la loi. «Le fait pour le directeur général des Douanes d’autoriser l’importation des huiles végétales raffinées sur la base de la valeur transactionnelle, est une violation grave de la réglementation en vigueur sous le fallacieux prétexte de la réalisation des recettes douanières en vue du renflouement des caisses de l’Etat», dénonce-t-il. Il s’agit notamment du non respect de la norme NC 77 sur les huiles végétales portant un nom spécifique enrichies à la vitamine A qui est d’application obligatoire depuis 2011 et de la décision du ministre des Finances du 27 mars 2009 qui fixe le prix de référence pour la taxation des huiles végétales au Cameroun.

Cette situation n’est pas sans conséquences. Loin s’en faut. L’on retrouve désormais sur le marché une multitude d’huiles raffinées de soja de marque Jadida et Agrior; de palme de marque Broli, vikor, Hayat, Pincess ; de maïs de marque Crystal et Collina d’Oro, etc. Des huiles dont on ne connaît pas toujours l’origine. Ce qui met en danger le consommateur. Cette situation favorise également la pratique du dumping qui met en difficulté la filière des oléagineux et porte un sérieux coup sur le tissu industriel du Cameroun.

Ce qui vient en rajouter aux soucis d’une filière déjà plombée par les frasques de la guerre contre la nébuleuse Boko Haram et l’instabilité qui règne en République centrafricaine. En effet, «ces événements ont provoqué un quasi arrêt des exportations de savon vers le géant nigérian et même le Tchad relativement à la guerre contre la secte Boko Haram, et vers le Congo Brazzaville et le Congo Kinshasa pour ce qui est de l’instabilité en Rca», révèle Jacquis Kemleu Tchabgou.

Si rien n’est fait, c’est donc toute la filière des oléagineux qui occupe pourtant le troisième rang en termes d’équilibre de la balance commerciale et qui emploie 25 000 personnes, qui risque de disparaître.

© CamerPost – Achille Nayé

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