Cameroun – Hépatites virales : l’accès au traitement toujours aussi onéreux

André Mama Fouda, le ministre camerounais de la Santé | © SPM
André Mama Fouda, le ministre camerounais de la Santé | © SPM

André Mama Fouda, le ministre camerounais de la santé publique a donné une conférence de presse. Il était principalement question de faire le point sur l’évolution de la prise en charge et l’accès aux nouveaux traitements. Le constat est claire ce nouveau traitement n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Lors de cette conférence de presse, André Mama Fouda a donné des chiffres. Les personnes atteintes par l’hépatite virale C débourseront selon lui, moins d’argent pour leur traitement. Par exemple le traitement pour ceux qui sont atteint par le génotype II de cette maladie, est désormais de 150.000 Fcfa par mois, soit 450.000 Fcfa pour une durée de trois mois. La seconde forme prise en charge par le nouveau traitement concerne les génotypes 1 et 4. Dans ce cas précis, les malades débourseront 348.000 Fcfa par mois soit 1.44.000 Fcfa pour trois mois. Cette baisse qui va de 50 à 80 pour cent est le résultat de l’admission du Cameroun à un programme initié par un laboratoire pharmaceutique. « C’est vrai le coût a baissé mais pour le camerounais moyen ces nouveaux prix sont toujours très élevés…quel est le salaire moyen d’un fonctionnaire camerounais ? Combien de personnes peuvent débourser 348.000Fcfa par mois pour un traitement ? » S’interroge Raoul Sandjon pharmacien venu assister à la conférence de presse. Ce programme baptisé « accès au traitement des hépatites » concerne une centaine de pays en voie de développement. L’objectif avoué est de mettre à la disposition de ces pays, un traitement plus efficace, mais surtout moins chers. Pour le moment, seuls les 500 premiers patients éligibles seront pris en charge en fonction du stock disponible. Les questions qui s’imposent sont celles de savoir : pourquoi un stock aussi limité ? Que vont faire les autres patients ? Sur quelle période le Cameroun va-t-il bénéficier de ce programme ? Des interrogations qui demeurent pour l’heure sans réponses parce que pour le ministre camerounais de la santé il faut avant tout saluer cette évolution qui est une avancée certaine à la fois dans le cout et la qualité du traitement. Des chiffres datant de 2011 précisent qu’environ 2 million de personnes sont atteintes par l’hépatite virale B au Cameroun, soit un taux de prévalence de 11,9 pour cent de la population. Pour l’hépatite C, deux cent mille personnes seraient affectées soit 1,03 pour cent de la population.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER