Cameroun – Hausse annoncée du prix du riz : La LCC appelle à la fronde contre les parlementaires

Delor Magellan Kamgaing, président de la Ligue camerounaise des consommateurs. | DR
Delor Magellan Kamgaing, président de la Ligue camerounaise des consommateurs. | DR

La Ligue camerounaise des consommateurs (LCC) a appelé, samedi, les citoyens au boycott des séances de compte rendu parlementaire organisées à la base ainsi que le non renouvèlement des mandats des députés et sénateurs, lors des prochaines élections législatives, afin de manifester leur déception quant à la hausse annoncée du prix du kilogramme de riz.

Dans un communiqué, elle reproche à ces élus l’adoption intégrale, la veille, du projet de Loi de finances 2016 instaurant, entre autres, des taxes et droits de douanes de l’ordre de 5% sur le riz présenté comme « la denrée la plus consommée » dans le pays.

Qualifiant cet acte d’« inique et cynique », la LCC affirme qu’il consacre ainsi la vie chère au Cameroun dès l’année à venir.

L’association consumériste, qui n’exclut pas des actions de mobilisation des masses, rappelle que le riz, même exonéré de taxes depuis 7 ans, coûte déjà cher pour le commun des Camerounais obligé de débourser en moyenne 350 FCFA pour s’en offrir un seul kilogramme.

Elle avait, ces dernières semaines, multiplié les correspondances explicatives et autres initiatives de plaidoyer à l’endroit des parlementaires appelés à empêcher la hausse annoncée du prix de la céréale, proposant par contre une forte taxation des tabacs et produits de luxe ainsi que la réduction significative du train de vie de l’Etat.

On rappelle que le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey avait, lors de son passage devant les commissions des finances et du budget de l’Assemblée nationale et du Sénat, annoncé des «mesures nouvelles» visant la mobilisation optimale des recettes non-pétrolières de l’Etat afin de soutenir la relance économique.

Celles-ci consacrent le retour à une taxation normale de certains produits défiscalisés, à la faveur de l’ordonnance de 2008 prise par le chef d’Etat pour la lutte contre la vie chère, le contexte ayant présidé à leur mise en place ayant évolué, selon lui.

Pour un budget 2016 s’équilibrant en recettes et en dépenses à 4.234,7 milliards FCFA, et alors que les ressources pétrolières devraient s’inscrire à la baisse, le gouvernement compte notamment, en dehors de la ré-instauration d’une taxe douanière sur le riz, taxer le ciment importé à 20% et le clinker à 10%.

Il est aussi annoncé l’introduction de droits d’accises sur les communications téléphoniques et les services Internet ainsi que l’augmentation du prix du timbre sur le passeport ordinaire, qui passera de 50.000 à 75.000 FCFA.

© CAMERPOST avec © APA

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