Cameroun – Guerre contre la secte Boko Haram : Comprendre les 160 millions FCFA d’effort de guerre du président Paul Biya

Comprendre les 160 millions FCFA d’effort de guerre du président Paul Biya | PATRICK KOVARIK/AFP
Comprendre les 160 millions FCFA d’effort de guerre du président Paul Biya | PATRICK KOVARIK/AFP

Le président Paul Biya a récemment débloqué la somme de 160 millions FCFA pour l’effort de guerre des forces de défense camerounaise. Ce qui porte à 2,5 milliards, le montant jusque-là cotisé par les Camerounais en faveur de l’armée et des populations des zones de combats contre la secte terroriste. Le geste du président de la République est lourd de signification et riche d’enseignements.

Est bien dupe celui qui oserait croire que la disparition des attentats suicides portant l’estampille criminelle de Boko Haram siffle la fin de la guerre contre la secte terroriste. Bien que les forces de défense camerounaises et nigérianes aient multiplié des assauts déterminants au Nord-est du territoire nigérian, ces deux derniers mois de mars et d’avril 2016, les incursions de la Force militaire mixte déployée sur le terrain, dans ce qui peut être considéré comme l’épicentre de la secte terroriste, cela ne signifient aucunement la fin des combats. Surtout pas ! Bien au contraire, même si les attentats-kamikaze ont quasiment disparu, la vigilance reste de mise, tant est populaire l’adage qui stipule que, l’ennemi ne dort jamais, il est au repos. La trêve observée du fait du démantèlement des bastions et de l’affaiblissement des combattants et Djihadistes de Boko Haram ne saurait se confondre à un quelconque cessez-le-feu. Que non ! La disparition des hostilités ne traduit pas la fin des affrontements. La rixe est bien là, elle est dissimulée. Dans une guerre aussi fugace et furtive, le président Paul Biya fait bien de rester vigilant et éveillé. Il fait bien de prêcher par l’exemple. Il fait bien de voler au secours des forces de défense qui sont au front et de soutenir les populations civiles qui vivent dans des camps des réfugiées et dans les zones de combat. En clair, la guerre contre Boko Haram est loin d’être terminée.

Le geste du président Paul Biya est expressif. Il signifie que les batailles se sont certes amenuisées, mais la guerre est loin d’être terminée. Loin s’en faut !

C’est la principale interprétation que l’on pourrait faire de la contribution spéciale du chef de l’Etat, Paul Biya, qui a récemment offert la rondelette somme de 160 millions FCFA comme effort de guerre dans la bataille asymétrique livrée par l’armée camerounaise contre Boko Haram. Le geste du président Paul Biya est expressif. Il signifie que les batailles se sont certes amenuisées, mais la guerre est loin d’être terminée. Loin s’en faut ! La secte paramilitaire n’a pas signé sa capitulation officielle en dépit d’une vidéo énigmatique qui a quelque peu circulé sur les réseaux sociaux, exhibant le mea culpa d’un des leaders du groupe annonçant la fin des hostilités. La vidéo en question est loin d’être jugée crédible par les spécialistes des Nouvelles technologies de l’informatique. Et même si cette vidéo venait à être authentifiée, elle n’indique en rien que la secte a reconnu sa défaite ni qu’elle a déposé les armes en se délestant des bombes et autres ceintures explosives. La guerre continue donc. Elle est furtive. Mais elle reste effective.

Les 160 millions débloqués par le Président Paul Biya serviront à entretenir les troupes et les civils qui ont fait ou font directement face à la secte sur le front de l’Extrême-Nord du Cameroun. L’argent octroyé par le président Paul Biya est également compris dans la contribution des dons en numéraires et en matériels récoltés et gérés par le Comité ad hoc présidé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MINATD), qui n’a pas manqué de donner des précisions sur la répartition des fonds jusqu’ici collectés. Ainsi, a-t-on appris, sur les 2,5 milliards CFA cotisés par les Camerounais, 1,5 milliard CFA iront aux forces de défense et de sécurité et le milliard restant sera alloué aux populations de l’Extrême-Nord affectée par les effets de la lutte contre Boko Haram. L’utilisation des 2,5 milliards FCFA se fera au niveau du ministère de la Défense où le MINDEF est chargé de voir et d’étudier dans les détails les modalités d’utilisation des fonds alloués aux militaires.

Le problème de l’acheminement des denrées alimentaires rassemblées par le Comité ad hoc reste crucial, tant certaines nourritures sont périssables, et les voies d’accès aux populations se révèlent impraticables.

Pour ce qui concerne la gestion des populations, le milliard qui leur est attribué pourrait servir à financer les projets sociaux. Le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord a été instruit de procéder à une évaluation, et faire un état des besoins que le Comité ad hoc pourra faire financer. Le problème de l’acheminement des denrées alimentaires rassemblées par le Comité ad hoc reste crucial, tant certaines nourritures sont périssables, et les voies d’accès aux populations se révèlent impraticables. Ce problème est en voie d’être solutionné par le Gouvernement. Une solution adéquate a été trouvée dans l’urgence. C’est le Génie militaire qui sera choisi pour la réalisation des différents projets retenus dans des zones de la guerre, étant entendu qu’un opérateur privé ne peut s’aventurer dans une zone de guerre non encore entièrement sécurisée. La fin de la guerre implique une sécurisation complète des lieux. Bon à savoir, les comités de vigilance qui ont été et sont encore d’un rôle très important dans la guerre contre Boko Haram, seront pris en compte dans ce partage. Le président Paul Biya ne les a pas oubliés. À tous ces vaillants soldats et militants de la liberté, de la souveraineté, de la démocratie, de la laïcité, la Nation reconnaissante…

 Par Jules Patrick Toube Toubé,

Correspondance particulière

  • mbarga

    nous somme tpous avec le president paul biya.