Cameroun – Grippe aviaire : Un risque de rechute pour la filière avicole  

La production des œufs pourrait aussi subir le contre coup de la crise due à la grippe aviaire | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo
La production des œufs pourrait aussi subir le contre coup de la crise due à la grippe aviaire | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo

Le Cameroun vit en ce moment une épidémie de grippe aviaire. Elle a été déclarée le 25 mai. Il s’agit ici de la seconde alerte en dix années.

La grippe aviaire est déclarée pour la première fois au Cameroun le 11 mars 2006. Un canard sauvage avait été retrouvé mort à Maroua. Une psychose s’était emparée du pays, provoquant une crise dans le secteur avicole. Dix années plus tard la maladie refait surface dans une ferme de Yaoundé, causant des pertes énormes.

Le Complexe avicole de Mvog-Betsi s’est vidé en trois jours. 15 000 poulets sur pattes ont succombé au virus h5n1de la grippe aviaire. A ces pertes l’on ajoute environ 18 000 sujets mis à mort par la suite, afin de circonscrire et maitriser l’épizootie. Le Complexe avicole de mvog betsi est en effet mis en quarantaine par des équipes de contrôle du Ministère de l’Elevage. A ce jour l’on estime les pertes de la ferme à 33 000 poulets, soit la totalité de son cheptel. Ladite structure est d’autant plus importante au Cameroun qu’il s’agit de l’un des fournisseurs les plus importants de la filière.

Cette nouvelle épidémie survient alors que la filière avicole se relève péniblement de la précédente épreuve. La production du poulet avait véritablement chuté à l’époque. Il avait fallu de longs mois pour qu’elle retrouve un certain niveau. La reprise de la filière avicole a été pénible, mais elle est effective aujourd’hui. Les résultats obtenus une fois la première épidémie éradiquée, étaient plus que prometteurs. Cela est d’autant plus vrai que les importations de poulet surgelé ont diminué. En 2011 par exemple le pays produisait 33 millions de poulets. En 2013 l’on parlait de 40 millions. En 2015 elle était estimée à 45 millions. Pour la fin de l’année 2016 l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic) a annoncé une production de 50 millions de poulets. Cette dernière augmentation est aussi rendue possible par la chute du kilogramme de maïs. Il est passé de 190 à 160 Cfa.

La production des œufs de consommation a également souffert de la crise de 2006. Le nombre d’œufs sur le marché était passé de 2 500 000 000 avant 2006 à 860 000 par an. Depuis 2015 l’on parle de deux milliards d’œufs en vente, et de 105 millions de pondeuses. Les performances enregistrées avant la crise de 2006 n’ont pas encore été atteintes, mais l’on n’en est plus éloigné. Avec de tels résultats la filière avicole du Cameroun, contribue à hauteur de quinze milliards de Cfa au niveau macroéconomique. Elle couvre 14% des besoins de la population en protéines animales.

La forme de la grippe aviaire qui touche le Cameroun en 2016, est la moins virulente de toutes selon les pouvoirs publics. Toutefois la psychose née de l’annonce d’une nouvelle infestation, pourrait en elle-même être un frein pour la relance de la filière et son développement. Les 33 000 poulets du Complexe avicole de Mvog betsi ont été abattus et incinérés. De plus toutes les personnes qui ont été en contact avec lesdits poulets sont recensées et soumises à un traitement. L’on n’oublie pas cet acte prefectoral interdisant depuis le 26 mai 2016, la commercialisation du poulet et ses dérivés dans le Mfoundi.Toutes choses qui même si la menace n’est pas grande, pourraient freiner la belle dynamique prise par les acteurs de la filière avicole au Cameroun.

© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo

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