Cameroun – Grève : Le personnel de santé donne un ultimatum au gouvernement

Crédit photo : Mathias Mouendé Ngamo / Illustration
Crédit photo : Mathias Mouendé Ngamo / Illustration

L’annonce d’un débrayage initié par les syndicats de ce secteur en début de semaine, a été rapidement suivie d’une concertation entre quelques membres du gouvernement et les responsables syndicaux. Le mot d’ordre de grève a été provisoirement levé en attendant les propositions des autorités compétentes. Le mouvement d’humeur pourrait reprendre d’ici le 15 septembre si rien n’est fait.

Les personnels paramédicaux sont décidés à en découdre si jamais, le 15 septembre, leurs revendications ne voient pas des solutions pérennes. C’est ce qui explique le ralentissement de l’activité dans les hôpitaux publics.

Le problème

L’affaire remonte à 2008, lorsque les premières revendications ont vu le jour. Mais les pouvoirs publics avaient pris l’engagement d’apporter des solutions aux revendications légitimes des travailleurs du secteur de la de santé. Selon le président  du personnel de santé CAP/santé, il s’agit de seize points de revendications dont : « la distribution arbitraire des primes selon qu’on est appelé fonctionnaire ou contractuel, les quottes parts, l’absence de la prise en charge des personnels avec leur famille nucléaire, le sous classement des personnels, la non harmonisation de l’âge de départ à la retraite », selon Sylvain Nga Onana.

La diversion

Il ya dix ans, une concertation avait été ouverte, mais jamais des résultats.   Comme un jeu de ping-pong, on fait attendre la solution soit du chef de l’Etat, du premier ministère ou bien même du ministère de tutelle déclare en substance, Sylvain Nga Onana. Cette situation a engendré des départs des hôpitaux des personnels de qualité qui vont faire valoir leur talent dans les pays étrangers où la rétribution est sincère et équitable en plus la précarité des soins qui en découle.

Et la sortie de crise

Les premières réactions du gouvernement vont vers le retour au calme. Le ministre de la santé publique fait le Ponce Pilatisme. Il reconnait ensuite la régularité des revendications du syndicat du personnel de la santé au Cameroun. Pourtant, André Mama FOUDA, n’accepte pas qu’on dise que les pouvoirs publics sont restés impassibles devant les pleurs des syndicalistes. Pour exemple, il déclare « quand cette grève a commencé il est apparu qu’il y avait certaines primes que le personnel contractuel ne touchait pas comme leur collègue fonctionnaire. Tout le monde à présent touche les mêmes avancées. C’est une grande avancée ». Le ministre ajoute ensuite qu’un travail a été fait dans l’optique du  reclassement des personnels en catégories même si le rythme est lent.

A l’heure du retour presque à l’apaisement, les pouvoirs publics redoutent que la date butoir soit très courte car la solution ne relève pas de son seul ministère. Mais du côté des grévistes, il n’y aura pas de rallonge après le 15 septembre.

© CAMERPOST par Augustin Tacham