Cameroun – Grève des transporteurs : la montagne accouche d’une souris

Des camions en stationnement | Photo d'illustration
Des camions en stationnement | Photo d’illustration

L’arrêt des activités annoncé depuis quelques temps n’a pas été observé à Douala.

« Nous avons décidé de ne pas cesser nos activités. Un comité chargé de surveiller les transporteurs qui ne respecteront pas les nouveaux prix de transport sera mis sur pied ». Cette déclaration a été faite à la presse le 30 novembre 2015 à Douala, au terme d’une rencontre organisée par le syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun. Une prise de position qui est considérée au sein de l’opinion comme une volte face, puisqu’il y a encore quelques temps, le ton était plutôt radical. En effet les transporteurs routiers émettaient alors un long chapelet de récriminations.

Il s’agissait notamment de la revalorisation des prix de transport des marchandises en direction de l’hinterland. Les transporteurs qui semblaient très déterminés à garer leurs camions menaçaient de cesser leurs activités si les bailleurs du fret n’appliquent pas les nouveaux taux de transports. Certains transporteurs n’hésitaient d’ailleurs pas de relever le fait que ce travail ne nourrit pas son homme. « Nous sommes très mal payés sur le corridor Douala-Bangui. Les bailleurs de fonds et les transitaires doivent comprendre qu’il est important que la revalorisation des frais de transport se fasse », déclarait un transporteur routier. De l’avis de ce dernier, les problèmes auxquels ils sont confrontés au quotidien dans l’exercice de leur travail sont multiples. Mais parmi ceux qui revenaient le plus souvent dans les discours, l’on évoquait entre autre l’épineux problème de la station de pesage de Nkakanzock sur l’axe lourd Douala-Yaoundé, au niveau d’Edéa. A en croire les transporteurs routiers, les coûts de pesage sont assez onéreux et en plus de cela, ils dénoncent la disparité entre les pesés des camions aux différentes stations de pesage. Du coup, pour bon nombre de transporteurs, il leur est difficile d’entretenir leur engin avec ce qu’ils reçoivent actuellement. « Avec les transitaires, nous avons arrêté une mercuriale des prix qui tarde à être appliqué », a expliqué Oumarou, un transporteur.

Les tractations initiées par le syndicat national des transporteurs du Cameroun devraient aboutir sur l’application des conventions bilatérales en matière de transport terrestre des marchandises, d’une grille consensuelle des prix de transport des marchandises sur le corridor de transit Cameroun-Tchad-Rca, prenant en compte la vulnérabilité d’une catégorie de transporteurs et la précarité des populations, apprend-on.

© CAMERPOST par Joyce Nzoukou

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