Cameroun – Grève des avocats anglophones : Des sessions de formations pour les magistrats francophones sur le Common Law

Le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun, Me Ngnie Kamga, a exigé la relecture du nouveau code pénal notamment l’article sur l’immunité des ministres | © LNE/Illustration
Le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun, Me Ngnie Kamga | © LNE/Illustration

Ce sont plusieurs dizaines de personnels judiciaires présents aux sessions de formation qui se sont déroulées la semaine dernière à Douala. Ces rencontres appelées vont permettre aux magistrats francophones de se familiariser avec le droit anglais. Une autre façon de résoudre les crises et améliorer le climat des affaires au Cameroun.

Objectif

La tenue dans la capitale économique, Douala ces sessions de formation à l’intention des magistrats francophones visent à promouvoir l’accès équitable à la justice aux personnels judiciaires d’expression anglaise. Sous l’initiative de l’Ohada Business School, ces rencontres sont en prélude à l’organisation au mois de mars prochain, du Cameroon Business Forum (CBF) qui sera organisé par l’Observatoire africain de la Pratique des Affaires (OAPA). Pour le Professeur Justice Diffo, rien n’est de trop dans le contexte de crise entre les magistrats francophones et anglophones sur la pratique du droit anglais et français au Cameroun, un héritage colonial « L’Ohada Business School que nous mettons en place aujourd’hui vient compléter les mesures stratégiques prises par le gouvernement en réponse aux problèmes de l’accès équitable à la justice par les avocats d’expression anglaise » a déclaré la présidente du Conseil d’Administration de l’OAPA.

Déséquilibre réel

Des mois durant, les avocats anglophones ont dénoncé une certaine « marginalisation » du fait de leur nombre véritablement médiocre par rapport à leurs collègues francophones. Ils ont procédé par un débrayage systématique des prétoires dans les deux régions d’expression anglaise du nord ouest et du sud ouest. Sur un total de 1492 magistrats dans le pays, en effet, ce sont 1265 magistrats francophones contre seulement 227 magistrats anglophones, c’est selon, les chiffres du ministère de la justice.

Projet futuriste

Selon un responsable de l’atelier d’imprégnation sur le programme du droit de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du droit des Affaires (OHADA), qui déclare en filigrane, qu’on ne connaitra pas le droit du fait d’avoir un exemplaire dudit droit. On ne comprend pas le droit en le lisant selon lui. Chacun a besoin d’explication pour comprendre le droit et surtout le Common Law. Une façon pour lui, de donner un peu plus d’emphase à la tenue des sessions d’information en matière du droit en générale et du du Common Law en particulier.

Sur un autre plan, les assises de Douala à court, à moyen et à long terme vont contribuer à améliorer le climat des affaires au Cameroun à quelques jours du cameroon Business Forum.

Le Common Law est un système judiciaire dont les règles sont principalement édictées par les tribunaux au fur et à mesure des décisions individuelles. La jurisprudence est ainsi la principale source du droit et la règle du précédent, oblige les juges à suivre les décisions antérieurement prises par les tribunaux.

Rappelons qu’au prétexte de l’absence d’une version traduite du droit Ohada en anglais, et la forte pénétration des magistrats francophones dans les régions anglophones entre autres griefs, ont plongé le secteur de la justice camerounaise durant de long mois dans les régions anglophones dans une paralysie.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM