Cameroun : Greenpeace épingle les multinationales et le gouvernement

Greenpeace épingle les multinationales et le gouvernement camerounais | Crédit photo : J.Giron / Illustration
Greenpeace épingle les multinationales et le gouvernement camerounais | Crédit photo : J.Giron / Illustration

Un rapport de l’ONG internationale Greenpeace, spécialisée dans la protection de l’environnement, épingle le gouvernement camerounais ainsi que certaines multinationales au sujet du pillage des sites protégés, notamment la réserve faunique du Dja (Sud) inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987.

Dans ce rapport dont APA a obtenu copie jeudi, Greenpeace exprime son inquiétude au sujet du manque d’attention accordé à la menace créée par la plantation de la société Sud-Cameroun Hévéa (SUDCAM) dans la réserve du Dja.

En effet, depuis 2011, cette société qui est une joint-venture formée par le groupe singapourien GMG Global Ltd, une filiale de la société d’État chinoise, Sinochem International qui détient 80 pour cent des actions contre 20 pour cent pour la Société de productions de palmeraies et d’hévéa du Cameroun, a détruit 5930 hectares de forêt.

L’enquête signale que 42 pour cent de cette déforestation a eu lieu depuis un an et demi, d’où l’inquiétude grandissante exprimée par les défenseurs de la nature.

Le 14 juillet 2016, regrette Greenpeace, le comité en charge du patrimoine mondial de l’Unesco a été invité à voter un projet de décision visant à inscrire le Dja sur la liste du patrimoine mondial, en péril « malheureusement, seule la Finlande a voté en faveur de cette proposition, tandis que toutes les autres délégations s’y sont opposées ».

L’ONG demande à cet effet au gouvernement camerounais de suspendre les contrats de SUDCAM jusqu’à ce que les conditions et les modalités d’attribution et de mise en œuvre soient établies, sans oublier le zonage et l’aménagement participatif du territoire ainsi qu’une procédure transparente et fiable pour assurer un consentement libre, informé et préalable des communautés locales.

Pour ces défenseurs de l’environnement, « l’opacité et la légalité douteuse du projet SUDCAM, de loin le projet agricole dans le Bassin du Congo qui est à l’origine de la pire déforestation récente, ont été encouragées par l’indifférence quasi-totale des bailleurs de fonds, des médias et des ONG ».

© CAMERPOST avec © APA