Cameroun : le gouvernement tente d’endiguer le malaise sur le front de la lutte contre Boko Haram

Cameroun : le gouvernement tente d’endiguer le malaise sur le front de la lutte contre Boko Haram

Le ministre camerounais en charge de la Défense, Joseph Beti Assomo, vient d’achever une visite de travail de deux jours dans la région de l’Extrême-Nord, où les exactions de la secte islamiste Boko Haram ont repris de la vigueur et ce dans une ambiance de malaise au sein des troupes combattantes.

Ici et là, le membre du gouvernement, dépêché au front par le chef de l’Etat Paul Biya, a engagé le dialogue afin de mieux percevoir les raisons du regain d’activité du mouvement jihadiste, mais aussi d’enregistrer les doléances de ses interlocuteurs.

Sur le dernier registre, et selon un reporter de la radio nationale, les récriminations des soldats au front, pouvant expliquer leur démotivation, portent sur «la relève à des délais très raisonnables», certains se plaignant de passer de longs mois au combat sans être remplacés, et ce alors que leurs conditions de vie et de travail ne connaissent aucune amélioration.

L’une des preuves les plus palpables de ce malaise est ainsi intervenu le 3 juin dernier, lorsqu’une trentaine de soldats avaient bloqué la route nationale numéro 1 pour exiger leur relève ainsi que le paiement des primes conséquentes.

Aussitôt arrêtés et transférés dans la capitale, Yaoundé, ils ont été mis aux arrêts pour répondre de leurs actes conformément au règlement militaire, en même temps que des «sanctions disciplinaires» sont annoncées contre eux.

Pour Joseph Beti Assomo, cette mutinerie relève d’un comportement de milices et non de militaires.

Rendant compte de ce périple le chef de département de la communication au ministère de la Défense, le colonel Didier Badjeck, a reconnu que la menace Boko Haram restait présente mais que l’armée veillait et ripostait.

© CAMERPOST avec APA