Cameroun : Le gouvernement met en garde contre les dérives sur les réseaux sociaux

Le ministère camerounais des Postes et Télécommunications a engagé une vaste campagne de mise en garde, à travers les abonnés au téléphone mobile, contre les dérives sur les réseaux sociaux | Ph. Illustration

Le ministère camerounais des Postes et Télécommunications a engagé une vaste campagne de mise en garde, à travers les abonnés au téléphone mobile, contre les dérives sur les réseaux sociaux.

Le court message (SMS), édité en français et en anglais et reçu depuis vendredi par lesdits consommateurs, s’intitule ainsi : « L’émission et la propagation de fausses nouvelles, notamment par les réseaux sociaux, sont réprimés par le Code pénal et la loi. »

Cette mise en garde, note-t-on, intervient au moment où les pouvoirs publics du pays, à travers diverses initiatives et discours, s’emploient depuis quelques mois à pointer du doigt cette forme de communication comme étant un vecteur de risques divers sur la paix sociale.

En novembre dernier en effet la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, annonçait le renforcement du cadre législatif et réglementaire national dans le but de protéger davantage les droits des utilisateurs camerounais du secteur du numérique en général, et des réseaux sociaux en particulier.

« Le modèle économique qui est celui des principaux acteurs des réseaux sociaux (Facebook, YouTube, WhatsApp, etc.), reposant sur une collecte d’informations à des fins commerciales, incline vers une utilisation des données des utilisateurs en violation de leurs droits de propriété ou sans respect de leur vie privée », a-t-elle alors déclaré.

Le plan stratégique gouvernemental, objet d’un projet de loi en chantier, prévoit aussi l’élaboration d’une loi pour la protection des données à caractère personnel encadrant le processus de collecte, de traitement, de transmission, de stockage et d’usage des données, question de lutter contre les atteintes à la vie privée.

Le même mois le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguie Djibril, en appelait à la responsabilité individuelle et, s’adressant « aux internautes malveillants », déclarait qu’« ils doivent savoir qu’ils sont eux-mêmes des victimes potentielles, surtout des justiciables au regard de la loi ».

Qualifiant les réseaux sociaux comme une « nouvelle forme de terrorisme, tout aussi insidieuse qui ces derniers temps écume le cyberespace », il demandait aux autorités compétentes « d’organiser la traque, afin de débusquer et de mettre hors état de nuire ces félons du cyberespace ».

« Originellement considérés comme un outil de communication et une plateforme de partage en ligne, voilà que les réseaux sociaux sont devenus une arme vouée à la désinformation. Pis encore à l’intoxication et à la manipulation des consciences, semant ainsi la psychose au sein de l’opinion. Un phénomène social désormais aussi dangereux qu’un missile lâché dans la nature. Il est d’autant plus dangereux que ce déferlement d’informations erronées est l’œuvre d’amateurs, malheureusement de plus en plus nombreux, qui évoluent aux antipodes de toute éthique et de toute déontologie.

Pour tout dire, les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui au Cameroun de véritables fléaux sociaux », avait-il martelé.

Pour de nombreux observateurs cependant, la croisade gouvernementale et les déclarations incendiaires des gouvernants, abondamment relayées par les médias à capitaux publics, n’ont pour seule finalité que de restreindre les espaces de libertés.

© CAMERPOST avec © APA

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