Cameroun : le gouvernement dénonce une « situation quasi-insurrectionnelle » à Bamenda

Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication du Cameroun, s’est défendu d’atteintes aux droits de l’homme en zone anglophone portées par les Etats-Unis | © AFP/Pacome

Le ministre camerounais en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a dénoncé la « situation quasi-insurrectionnelle » survenue jeudi dernier dans la ville anglophone de Bamenda (Nord-Ouest), perpétrée par des « adeptes du désordre et de l’intolérance ».

Dans un point de presse tenu samedi dans la capitale, Yaoundé, il a pointé un doigt accusateur sur ceux qui tentent d’imposer leur option pour la violence et le non-respect du droit, voulant faire croire que certains compatriotes seraient, du simple fait de l’héritage politico-culturel, frustrés, marginalisés et ostracisés.

Pointant « une surenchère démagogique et populiste », il a constaté que les tenants de ces théories et les auteurs de tels actes, ainsi que leurs commanditaires, manifestement en total déphasage avec le principe fondateur de la République du Cameroun qu’est l’unité nationale, « n’exigent rien moins que le retour au fédéralisme, qui, selon toutes indications, ne serait alors qu’un prétexte commode pour organiser le délitement de la nation, sorte d’antichambre de cette sécession qu’ils appellent en fait de tous leurs vœux ».

Le Cameroun étant un État de droit, Issa Tchiroma Bakary a annoncé que les auteurs des destructions des biens publics et privés, ainsi que leurs complices, seront confrontés aux rigueurs de la loi et recevront, le cas échéant, le juste châtiment mérité pour les forfaitures pour lesquelles leur culpabilité aura été établie.

Tout en restant disposé au dialogue et à la concertation, il a précisé que le gouvernement camerounais entendait remplir pleinement ses missions de protection des populations et de leurs biens, de leur liberté d’aller et de venir mais aussi de celle de travailler, sans oublier la préservation du droit à l’éducation et à l’instruction des enfants.

Les émeutes de Bamenda, rappelle-t-on, sont intervenues alors que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) avait prévu de tenir un meeting au centre de la ville pour appeler au calme et au dialogue, suite à des revendications corporatistes d’avocats et d’enseignants d’obédience anglophone ayant paralysé les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 3 semaines.

Selon le porte-parole du gouvernement la place de la réunion, à laquelle devait par ailleurs prendre part le secrétaire général dudit parti ainsi que le Premier ministre, Philemon Yang, «a littéralement été prise d’assaut par une meute de contestataires armés de projectiles, de catapultes et de cocktails molotov».

Le bilan officiel de ces émeutes de Bamenda fait état de 2 morts, 9 blessés et autant de véhicules détruits, de nombreux commerces, kiosques et édifices publics incendiés ou vandalisés alors que le drapeau des activistes de la sécession a été hissé à plusieurs points de la ville en guise de défiance.

Les enseignants anglophones dénoncent la «marginalisation» de leur sous-système éducatif, alors que les avocats exigent la traduction dans leur langue de travail de plusieurs instruments juridiques.

Voici plus d’une semaine, le gouvernement avait annoncé la mise sur pied de comités ad hoc en vue d’étudier lesdites revendications, alors que certaines autres exigences connaissaient un début de solution concrète à travers des actes du chef de l’Etat.

© CAMERPOST avec © APA

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