Cameroun – Gestion publique: Quatre entreprises publiques camerounaises vont faire un premier pas vers le marché des capitaux

Selon des sources autorisées au ministère des Finances, quatre entreprises du portefeuille de l’Etat du Cameroun pourraient bientôt solliciter les services des agences de notation financière, pour évaluer leur risque de crédit, afin de pouvoir lever des capitaux sur différents marchés, dans l’optique de réaliser leurs projets d’investissements.

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Ces quatre entreprises, qui selon nos sources ont été choisies sur la base de l’attractivité de leur secteur d’activité sont : la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), le stockeur des produits pétroliers au Cameroun ; le Port autonome de Douala (PAD), l’entreprise chargée de la gestion du plus grand port du pays ; la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), l’opérateur public de la téléphonie ; et la Cameroon Water Utilities (CAMWATER), l’entreprise chargée de la gestion des infrastructures en matière d’adduction et de distribution de l’eau potable dans la pays.

Ce vœu de voir ces entreprises être soumises à la notation financière, apprend-on, découle de la volonté de l’Etat du Cameroun de mettre progressivement un terme à sa politique d’assistanat, qui prend généralement la forme de subventions de plus en plus pesantes pour les caisses de l’Etat, et de garantie des crédits contractées par les sociétés publiques et parapubliques.

Des coups de pouce ont souvent fait passer les entreprises publiques camerounaises aux yeux de l’opinion et de certains experts, pour des gouffres à sous, sans contrainte de performance. D’ailleurs, dans son dernier rapport sur le Cameroun, partant du fait que la plupart des entreprises publiques camerounaises enregistrent de «piètres résultats», le FMI conseille au gouvernement de réduire les subventions en leur faveur, et de leur imposer des cahiers de charges contraignants.

La notation financière, espère un cadre du ministère des Finances, devrait ouvrir à ces entreprises les portes du marché des capitaux, qui ne s’accommodent que de la crédibilité et de la performance des sociétés qui y sont admises.

Pour l’instant, aucune information ne filtre sur l’agence de notation qui pourrait être sollicitée par ce premier échantillon de quatre entreprises publiques, dont les responsables viennent d’être conviés à un séminaire d’information sur la notation financière, rencontre organisée par le ministère des Finances à Yaoundé.

L’Etat du Cameroun lui-même est noté par Fitch Ratings et Standard & Poor’s. Cette dernière agence, dans un communiqué daté du 13 décembre 2013, a maintenu la note B/B pour le Cameroun (même note que Fitch), avec des perspectives stables sur les 12 prochains mois.

Par Brice R. Mbodiam – Agence Ecofin