Cameroun – Gérémi Njitap : “En Afrique, il n’y a plus de petites nations”

Gérémi Njitap | Crédit photo : © CAMFOOT

Ancien Lion Indomptable et président du Syndicat national des footballeurs, il parle du début de la Can de l’équipe nationale du Cameroun et évoque l’avenir dans cette compétition.

Comment avez-vous vécu cette première journée de la Can 2017 dans le groupe A, avec ce match d’un but partout entre les Lions et les Etalons ?
J’ai eu la chance de prendre part à l’ouverture de cette Can 2017. J’ai regardé le premier match pas très satisfaisant ; un match moyen. Par contre, le match Cameroun Burkina Faso a été le vrai coup d’envoi de la Can. On a tout de suite constaté que le match avait beaucoup d’intensité. J’ai été très satisfait de la performance de nos joueurs surtout que c’était une nouvelle équipe et sans vous le cacher, de l’avis de beaucoup de Camerounais, il ne fallait trop attendre de cette équipe. Mais je sais que nous avons toujours eu de très grands joueurs et aujourd’hui, ces jeunes sont encore en train de le démontrer.

Vous voulez dire que ce résultat face au Burkina a été satisfaisant, selon vous ?
On ne peut jamais être satisfait quand on a fait un match nul après avoir eu tant d’opportunités, ces occasions créées dans le match. C’était un goût amer et on a eu beaucoup de regrets pour un match qu’on a dominé sur tous les plans, au niveau de la possession de balle, des occasions créées. Mais, on ne peut retenir que du positif, parce qu’en football, pour gagner un match, il faut déjà créer des occasions de buts et les concrétiser. Ce jour-là, on n’a pas eu la chance de les concrétiser. J’espère que nos joueurs vont aborder le prochain match comme ils l’ont fait l’autre jour et surtout concrétiser les occasions de buts.

Comment, selon vous, les Lions devraient aborder ce match contre la Guinée Bissau sans tomber dans le piège du Burkina Faso ?
Les cartes sont redistribuées dans le groupe A où nous avons tous un point. Tout le monde peut se qualifier. Nous avons envoyé un message fort à nos adversaires. J’étais assis à côté des Gabonais, qui étaient très impressionnés par notre prestation sur le terrain. Ce qui est positif. Les Bissau-guinéens savent que le Cameroun est une grande équipe. Et par rapport à ce message qu’on a envoyé, c’est à nos gars d’entrer dans le match en force, faire la pression d’entrée, pour que les Bissau Guinéens ne se libèrent pas.

En ce moment, ils savent que le Cameroun a une très grande équipe. A côté, nous allons encourager les gars, parce que ce prochain adversaire sait qu’il n’a pas de chance ; sauf que le football a toujours des surprises. En Afrique, il n’y a plus de petites nations. C’est au terrain qu’il faut prouver et j’espère que nos gars, pour passer au deuxième tour, savent qu’il faut gagner ce prochain match afin d’aborder le dernier d’une autre manière.

Vous êtes le président du Synafoc (Syndicat national des footballeurs camerounais) en même temps qu’ancien Lion. En ces qualités, avez-vous parlé aux joueurs ou qu’entrevoyez-vous leur dire quand vous allez les voir ?
Ma présence ici, c’est pour encourager nos jeunes joueurs, en tant qu’ancien international, qui a de l’expérience. Mais aussi en tant que président de tous les footballeurs dont ceux de l’équipe nationale sont nos membres. Nous sommes là pour les encourager à représenter valablement le pays et apporter des conseils aux jeunes par rapport à ce genre de compétition.

Dans l’actualité, il y a le cas Joël Matip dont on dit avoir été sanctionné pour n’avoir pas accepté de venir jouer. En tant que président du Synafoc, comment  percevez-vous cette affaire ?
Je préfère parler de tous les cas, parce qu’on a eu environ sept joueurs qui n’ont pas répondu à la convocation du sélectionneur. Pour moi qui suis passé par là, c’est une situation assez compliqué et délicate. Comme joueur, on est employé à l’étranger et les employeurs nous payent par rapport au rendement et aux engagements pris que nous devons respecter. De l’autre côté, il faut défendre les couleurs du pays. Quand les joueurs partent de leurs clubs, ils sont pénalisés. C’est vrai, défendre les couleurs de son pays n’a pas de prix. Quand ces joueurs sont engagés là-bas et partent de leurs clubs, ça leur créé énormément de problèmes.

A y regarder, chaque joueur a ses raisons. Le Cameroun aussi a le droit de se plaindre à la Fifa. C’est la Fifa qui devra examiner pour voir si effectivement elle peut sanctionner ces joueurs ou pas. Dans tous les cas, ce n’est pas la faute des joueurs, ni du Cameroun. Mais, je pense que les joueurs aimeraient venir représenter le pays. Ça, c’est sûr. Il faut voir le problème autrement. Les responsables et dirigeants de la Caf qui organisent cette Can devraient plutôt réfléchir pour changer la période et le calendrier, parce que les joueurs sont pénalisés, les clubs et les pays qui y participent. Il appartient aux fédérations et aux pays de faire recours à la Caf en vue de modifier ce calendrier.

Ce problème a toujours existé, même quand nous étions encore en activité, parque qu’il n’y avait pas plusieurs cas, comparativement aux sept que nous avons eus en ce moment. C’est aussi parce qu’il y avait le résultat qu’on ne remarquait pas qu’il y a des absences. Je pense qu’au lieu de s’attaquer aux joueurs, les responsables de toute cette organisation devraient réfléchir à trouver une bonne période qui arrange les joueurs, les clubs et les sélections nationales.

Le Synafoc est resté un peu silencieux par rapport à tout cela …
Nous avons déjà commencé à y réfléchir, parce que nous sommes là pour représenter les joueurs et défendre leurs intérêts. Vous avez vu, les joueurs ont été pénalisés, exposés au public ; ce qui est dommage. D’aucuns s’en vont même dire que ces joueurs-là n’aiment pas leur pays ; ce qui n’est pas vrai. Puisqu’ils ne peuvent pas parler, nous allons prendre les devants pour les représenter comme d’habitude. Plus que jamais, c’est un cas où nous devons défendre nos membres convenablement.

Le président du Synafoc est-il en contact avec ces joueurs ?
J’ai cette chance d’avoir joué avec certains et ces jeunes qui sont là en ce moment m’ont vu jouer et naturellement, le message passe entre nous. Je connais la majorité et en tant qu’ancien Lion, j’ai la facilité de les aborder. Donc, c’est un avantage.

Source : © Le Jour

Propos Recueillis Par Achille Chountsa

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